Premières réactions...

Publié le par Edmée De Xhavée

Alors, je ne peux vraiment pas me plaindre ! Un petit coup de pouce par-ci, un autre par là, que d'encouragements de mes amis, véritables déjà ou encore virtuels, des amis anciens, et d'amis vituels de mes amis virtuels! Bref, la sortie de mon livre est accompagnée avec grâce et générosité !

Le petit Belge, fidèle lecteur de mon blog (nous échangeons, en fait, nos fidélités mutuelles car je visite les siens avec une régularité de métronome...) en avait annoncé la parution il y a peu. Cette bonne nouvelle (pour moi du moins) a été reprise, le 7 et le 25 février, par le blog Royauté News. Merci mille fois, Michel!

Le blog nouveau-né écrivainsbelges m'a consacré une semaine d'honneurs et panache avec des interviews et un compte-rendu du livre. Le blog je lis tu lis il lit a aussi relayé l'information, et j'en remercie le ou la responsable! Le blog Universel a eu un article très sympathique et plein de gentillesse pour encourager ses lecteurs (qui m'ont l'air d'être surtout des lectrices , n'est-ce pas Mr le bon vivant?) à se laisser séduire par mes Romanichels. Je dois dire qu'il a une façon bien à lui de me décrire, et que s'il m'a flattée, il m'a aussi fait rire...

Et puis il y a eu une présentation que j'apprécie beaucoup sur critiques libres. J'en remercie l'auteur qui m'en a fait la surprise, en plus de tant d'autres ! Et puis mon amie, anciennement virtuelle et passée au monde du réel parce que je l'ai rencontrée, et que notre sympathie spontanée s'est tout de suite installée dans une confortable confiance réciproque... j'ai nommé Cathy Bonte, la seule vraie Cathy Bonte, qui m'a consacré un article sur son blog, un article qui en même temps vous rappellera le talent qu'elle a pour écrire, et qui est démontré dans ses deux premiers romans, Le calme après la tempête et Le passé recomposé.

Que dire de mon tout premier lecteur, Jean Louis? Jean-Louis que j'ai contacté en septembre, après 31 ans de silence, pour lui dire que quelqu'un qui avait fait partie de notre passé à Aix-en-Provence n'était plus... Avant de me répondre, il a commandé le livre, bien qu'il ne soit pas alors officiellement sorti, puis m'a écrit une lettre dans laquelle se trouvaient des photos qui ont fait chanter mes souvenirs, souvenirs qui sont montés vers celui que nous avions perdu mais que nous cajolons désormais dans nos mémoires. Il avait lu mon livre et commentait : Je découvre une écrivaine d'une grande sensibilité, dotée d'une mémoire étonnante d'une grande précision. Je suis épaté et impressionné!!!

Pour terminer aujourd'hui, je vous laisse savourer la merveilleuse prose de Christian Van Moer, auteur et poète Tournaisien de grand talent. On devrait pratiquement lire ce texte avec un accompagnement de harpe !

                                                                                             ****

Alors qu’elle se fait une joie de passer ses vacances sous le soleil méditerranéen avec son mari et ses amis, Olivia reçoit un coup de téléphone de sa mère, qui lui demande de la rejoindre à Bruxelles pour passer une semaine auprès d’elle.
Et dès les premières pages du récit, l’horrible mot – Alzheimer – est lâché !
Suzanne veut s’épancher, gaver Olivia de souvenirs tant que sa mémoire ne lui joue pas encore de vilains tours, pour s’assurer de survivre dans le cœur de sa fille unique.
« … si je ne te le racontais pas, ce serait presque comme si ce n’était pas arrivé ! »

Ne croyez pas que vous allez assister à un banal jeu de vases communicants, la mémoire de l’une se vidant pour remplir celle de l’autre, nenni ! l’histoire qu’Edmée De Xhavée nous offre est bien plus complexe, plus subtile que ça.
On pourrait songer d’abord tout naturellement à A la recherche du temps perdu. On retrouve même la Madeleine (pardon pour cette sortie douteuse). La déliquescence de la société décrite par Proust se poursuit chez Edmée. Hobereaux et grands bourgeois s’unissent jusque dans la vilenie pour faire obstacle à ce qu’ils considèrent comme l’ultime flétrissure, au mélange de leur progéniture avec celle des classes sociales qu’ils jugent inférieures, sinon intouchables, refusant obstinément de s’adapter à l’évolution des mœurs et tout particulièrement à la libération de la femme.
Des émules des Guermantes, des jeunes filles en fleurs, une prisonnière qui finit par disparaître, avant l’apaisement du temps retrouvé ?... Le souvenir de Proust nous égare.
On pourrait penser aussi à Flaubert, avec ces Emma Bovary, ces privilégiées désœuvrées qui tentent vainement de remplir le vide de leur cœur et de leur corps dans les bras d’amants incapables de les combler. Ou à Bazin encore, quand nous voyons ces femmes mal mariées devenir des mères indignes et des épouses pas loin de reléguer leurs maris au rang de bourdons, le despotisme matriarcal émerge. Mais là encore, on s’égare.

Alors, me direz-vous, les clés pour lire cette œuvre si riche, si subtile ?

Elles sont au nombre de deux :
- lisez Les Romanichels comme de savoureuses scènes de la vie familiale ;
- lisez surtout Les Romanichels comme un merveilleux roman d’amour.

L’amour ? Tel que nous le dépeignent Flaubert, Proust ou Bazin ? « … où est l’amour dans tout ça… L’amour qui est le centre de tous les films, poèmes, aspirations, chansons, et qui n’a pas l’air d’exister ! Qui sait si au lieu de Dieu, ce n’était pas l’amour, l’opium du peuple ? »
Non.
« …dans Les Mille et une nuits, il y a une phrase magnifique qui dit que seul l’amour subsiste dans l’angle du tombeau ! Aimer, c’est ce qui nous fait survivre »
Oui, vous allez lire une histoire d’amour. Mais en pièces détachées, présentée comme un puzzle à reconstituer. Peu à peu, les bribes mémorielles, les souvenirs mémorables vont s’assembler. Comme les pièces d’un puzzle qui s’agencent à partir des bords du cadre vers le centre, où les pièces maîtresses – celles qui gardent longtemps avant de le révéler complètement le secret familial – vont finir par trouver soudainement, inévitablement leur place. Car secret il y a, dans cette famille, un secret tout à la fois sordide et sublime, particulièrement bien gardé… jusqu’à l’intrusion d’Alzheimer… Ne comptez pas sur moi pour que je vende la mèche.
« Je n’ai pas été une bonne mère… », commence par dire Suzanne à Olivia. Et c’est parti pour 250 pages. Pas d’un récit linéaire, non ; comme si les mémoires brusquement dégoupillées dispersaient leurs éclats tous azimuts, atteignant tant la mère que la fille, les écorchant, les blessant, mais leur donnant également les coups de lancette salutaires, les rapprochant, les rassérénant… tant l’épanchement est une douce médecine.

Scènes de la vie familiale.
Entrez dans le monde d’Edmée et délectez-vous : l’auteur a le don d’immerger totalement son lecteur dans les décors les plus divers ( ah ! Belgique chérie, Provence, Italia… ) comme dans les atmosphères les plus variées ( gamineries, bals, voyages, scènes de ménage, coups bas…).
Certaines de ses cartes postales ont conservé un cachet nostalgique, et c’est charmant.
Mais elle excelle surtout dans la peinture des sentiments, de leurs méandres, de leur vernis social qu’il faut gratter et gratter encore pour faire apparaître les personnages sans fard, nus, dans toute leur laideur souvent, dans toute leur beauté parfois. Les convenances, la bienséance, les règles anachroniques de leur caste les ont tellement bardés d’apparence trompeuse ! Car « chez ces gens-là », comme le chante Jacques Brel, « on triche ». Toutefois ces sentiments ne sont pas toujours monolithiques, ils peuvent évoluer en bien comme en mal.
Mais la simplicité, la sincérité, le cœur sur la main, le cocon familial protecteur, le respect de l’autre ou le dévouement désintéressé, c’est chez les humbles qu’on les découvrira ; chez ceux qui ont su conserver « cette incroyable masse d’amour humain, de grâces rendues comme au temps du paganisme à la vie, la nourriture, le bon temps passé à s’aimer… » Chez ceux qui comme les romanichels sont si souvent méprisés et rejetés.

Les Romanichels.
Les authentiques Romanichels n’apparaissent que dans l’avant-dernier chapitre. Un chapitre troublant, qui mêle réalité et fantastique, et qui élargit singulièrement le sens de « marginaux incapables de se fixer » que le titre pouvait suggérer.

La technique narrative.
Olivia, la narratrice, ne guide pas le lecteur en racontant son histoire sur un mode linéaire. Elle l’égare en parlant tantôt à la première personne, tantôt à la troisième, souvent – sans crier gare – en laissant carrément ses personnages la relayer. Mais cette technique un peu déconcertante « de l’éclatement » met ici avec bonheur l’expression en concordance avec le fond : ne perdons pas de vue après tout que ces souvenirs ressurgissent du passé en en bousculant et réveillant d’autres au hasard. Les associations sensorielles et mémorielles ressuscitent événements et sentiments, pêle-mêle. Au lecteur de récolter et de recoller soigneusement les éclats de cristal éparpillés par la mémoire, de reconstituer fidèlement le puzzle.
Dissimulé, l’ordre est bien présent néanmoins : malgré Alzheimer, Suzanne sait parfaitement à quel moment et comment il importe de dire les choses essentielles. Et Olivia commence et termine son récit à la première personne.

L’écriture.
Le vocabulaire d’Edmée est riche, pittoresque et juste. Riche sans être pédant, pittoresque sans trop paraître étranger, juste sans être didactique. Le monde décrit par l’auteur a bel et bien existé ; nul besoin d’effets de style tourmentés, voire tordus, pour le faire revivre, nous le rendre crédible.
La phrase, de facture classique est souple, aérée. Pas de discours pompeux, pas d’envolée emphatique, pas de construction lourde. Elle peut être complexe, pour décrire un sentiment complexe ou un émerveillement, jamais elle n’est pesante ou bancale.

En guise de conclusion, je vous laisse méditer cette réflexion de Gisèle Halimi, interviewée cette semaine au JT de la RTBF1 :
« L’instinct maternel n’existe pas, mais l’amour maternel peut exister ! »

Bravo Edmée ! Je l’ai longtemps attendu, ton roman, mais il ne m’a pas déçu.

J’ai détesté : les chiffres quasi invisibles qui renvoient aux notes en bas de page.
J’ai adoré : le sourire de Gelsomina.

 

                                                             ***

 

Qu'ajouter? Peut-être un peu de silence, au fond...


Et ceci: la sortie d'un nouveau magazine - auquel je participe modestement - qui ne laissera personne indifférent! Visitez-donc le blog et laissez-vous emporter:


Publié dans Romanichels

Commenter cet article

Mimi du Sud 18/03/2009 16:52

Merci beaucoup de ton courrier,ma belle
je viens de le recevoir,une trés jolie
carte et je mettrais la petite carte dans
le livre,
merci encore,je suis trés contente.
je t'envoie demain matin par la poste un
petit courrier,bisous à toi,
et bonne aprés midi
Mimi





Mimi.

Edmée De Xhavée 18/03/2009 22:56


Ca a été vite, dis-donc! Mais je suis contente de t'avoir fait plaisir, tu es si gentille que l'on n'y résiste pas! Bonne nuit!


Mimi du Sud 18/03/2009 08:51

Kikou,ma belle,
et bien un peu en retard,je te souhaite
une bonne fête,désolé,je ne savais pas
que tu t'appellais Patricia.
Pour mon article et bien il est entre
les cocktails et St tropez.Tu peux le
retrouver en allant sur ta droite de mon blog
dans liste des catégories,tu cliques dans
poésie,et tu vas vas le voir,j'espère lol!!
je suis contente que le printemps est arrivé
chez vous,pour nous je crois que c'est l'été
qui arrive au galop,nous n'avons presque pas
de printemps sur le Var. Bonne journée à toi,
Edmée,bisous trés ensoleillés et fleuris de
Mimi.

Edmée De Xhavée 18/03/2009 22:55


Merci pour tout! Bisous et freine un peu l'été, c'est joli, le printemps!


Mimi du Sud 13/03/2009 23:23

Bonsoir Edmée,plutot bonne aprem pour toi,
je viens de mettre en ligne un article,
parlant de ton livre,j'espère que je pouvais
le faire.Ton livre est superbe,je crois que
je vais le finir demain.
Aujourd'hui,nous avons eu une superbe journée
presque d'été il faisait 22° sur ma terrasse
alors j'ai pus lire tranquillement ton livre
Bisous à toi
Mimi du Sud.

Edmée De Xhavée 14/03/2009 12:26


Oh, c'est super gentil, dis-donc! Bien sur que tu pouvais le faire, et je t'ai envoyé hier la dédicace! Merci, je vais aller voir tout ça! Bisous


Mimi du Sud 07/03/2009 10:53

Je te donne le lien du site de l'Atelier d'Art
Maison Louis Sicard :
www.boutiquesdaubagne.com/boutique_13
Bisous,Mimi

Edmée De Xhavée 07/03/2009 14:00


Merci!


Mimi du Sud 07/03/2009 10:51

Bonjour ma belle,et bien tu vois,je connais l'atelier d'art :la maison Louis Sicard,nous l'avons visité pour la journée,avec mes fils lors d'une sortie pédagogique avec leur classe,j'étais une maman accompagnatrice.
Nous avons été reçus par mr Amy lui-même,et nous avons pus regarder la fabrication de a à z des santons de Provence.Un vrai régal,j'avais pris des photos en ce moment là,j'avais encore mon appareil argentique,et non pas mon numérique,dommage,car ils sont rangés dans des
albums photos...
J'avais acheté des santons pour ma crêche,et aussi une belle cigale couleur jaune orangé
au liseré marron.
Voila ma belle,de trés beaux souvenirs de ce temps là avec mes fils,ils avaient tout juste 9 ans,et puis c'était un régal de sortir avec mes 3 fils,car ils étaient dans la même classe...
Bonne journée à toi,sous le soleil à Toulon
Bisous Mimi.

Edmée De Xhavée 07/03/2009 13:59


Mais quand j'y étais, le vieux monsieur Sicard venait de vendre aux Amys, Raymond et Sylvette, et il venait encore tous les jours, sa belle-fille Denise y travaillait d'ailleurs, et c'est elle qui
m'avait formée! Bisous