Lectrice à la gente plume...

Publié le par Edmée De Xhavée

Martine Dillies-Snaet est une mosaïque, ou un puzzle dans le sens anglais : un mystère. Beaucoup de pieces pour ne faire qu’une seule femme, mais encore faut-il les assembler correctement. Et ne pas en perdre. Professeur de mathématiques – mon cours le plus honni parmi tous! – elle jongle autant avec les lettres qu’avec les chiffres.  Avec le sourire, et un rire étouffé qui dépasse. Nous “fréquentons le même forum”, une flûte de champagne à la main, partageant humour et pas mal de similarités dans nos parcours de combattantes.

Et elle m’a fait l’honneur d’avoir envie d’acheter mon livre, de le lire, et de l’aimer par ces mots:


Si j'ignore comment on retient les livres pour les prix littéraires, ce que je sais, c'est qu'ici c'est un Goncourt que je viens d'achever. Quelles richesses dans ce récit! Amour de la vie, remise en question de soi et des valeurs inculquées, sincérité, aucune tricherie ! Comme Edmée De Xhavée a signé, avec « Les Romanichels », un livre riche!


C'est le seul commentaire que j'aurais envie de faire!


Car enfin, je referme ce livre sur... trois semaines de lecture. Ma lecture est terminée. Tristesse! Bonheur! Aucune ambivalence pourtant et il est rare que je prenne autant de temps à lire 250 pages: j'avais si peu l'envie de l'achever, si peu l'envie d'abandonner les personnages qu'à chaque fois, je les laissais prendre forme. J'avais envie d'en savoir plus encore et encore plus sur chacun d'entre eux; or je savais qu'une fois le point final rencontré, ce serait fini. Et je voulais tout, sauf ça! Abandonner les personnages, quelle idée! On ne les abandonne pas quand on a la chance de connaître un tant soit peu l'auteur! Elle y est omniprésente. Mais quand même! Suzanne me manque! Et Mado, et Grand-Daddy, et Philippe, et. Sergueï, et..., et tous les autres!


Seul un chat ronronnant manque à cette atmosphère de détente. Je souris en l'écrivant, car n'ayant pas dérogé à ma sacro-sainte habitude, une fois une cinquantaine de pages lues, je suis une fois encore allée voler les mots des deux dernières pages. Et ils furent ceux que j'attendais, sans aucune surprise ni aucune déception. Que du contraire! Ils m'ont apporté la quiétude que je désirais avoir afin de pouvoir savourer tranquillement chaque réaction des personnages.


Edmée DE XHAVEE, grâce à sa sensibilité et à son style superbe, nous fait ressentir toutes les émotions vécues par les membres de deux grandes familles partagés, tiraillés entre le sens du devoir et l'appel vers « l'ailleurs ». Chacun est acteur de sa propre existence mais ce sens du devoir en est bien souvent « le maître ». On ne fait pas une croix ainsi sur toute une éducation et il faut la sagesse des années pour pouvoir faire co-exister les deux et en retirer tout l'enseignement qu'il y a à en retirer.


Une semaine à partager avec sa mère fait vivre à Olivia la saga de sa famille dont elle ignorait quasiment tout hormis les convenances. A l'opposé, Angelina, la domestique, lui fait découvrir le sens profond du mot « vie » telle que la ressentent et la subliment les Italiens et Italiennes. S'opposeront le « quant à soi » et « le plaisir du toucher », la « haute restauration » et les « petits restaurants familiaux », les rencontres de salon et celles des rues. A chaque fois, les deux extrêmes, en totale contradiction, sont aussi riches les uns que les autres. Tiraillement et dilemme de l'existence pour qui connaît ces deux mondes et qui doit « choisir »!


Enfin, au-delà de cette dualité, en filigrane jusqu'à la fin, viscérale, coule la source de vie des Rroms dont la Chakra à seize rayons est leur emblème. Mais de leur rôle dans ce livre, je n'en dirais pas davantage. Il faut leur laisser l'étrange, la croyance. Et puis s'il faut absolument lire ce qu'a écrit Edmée DE XHAVEE, ce n'est qu'à partir d'un certain âge et d'un certain vécu qu'on peut le vivre jusqu'au fond des tripes. Un peu à l'instar du film de Clint Eastwood, "Sur la route de Madison", réellement et intiment appréciable qu'à partir d'un certain... temps, d'une certaine maturité.


Merci, Edmée, de nous avoir offert tes « Romanichels »! m. 12/04/2009

 

                                                                         *****

Je suis étonnée surtout des éclairages que chacun a dirigés sur mon livre. Selon l’âge, les souffrances vécues - ou leur absence -, la mouvance extérieure ou intérieure, il y a de subtiles nuances, voire de franches différences. Certains ne verront que l’histoire. D’autres le style. Les descriptions. Quelques-uns aimeront tant les personnages qu’ils répugneront à les laisser s’évaporer. Des amis d’ailleurs, après avoir lu le manuscript, m’ont demandé de raconter une suite, pour les retrouver. Mais non. Je ne veux pas voir mourir Mado, vieillir Philippe ou Laurent. Suzanne devenir malade. Belladonna perdant ses poils et ses dents. La fresque murale de Suzanne se craqueler… Mais je suis heureuse du temps que ces lecteurs et lectrices ont pris pour exposer ce que Les romanichels leur avait chanté…


Si vous avez un avis à donner sur mon livre, allez donc sur critiques libres

Publié dans Romanichels

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Universel 26/04/2009 16:55

Bonjour Edmée, je viens de lire ce post et je m'en tiendrais à celui-çi pour aujourd'hui.
Pourquoi, parce que j'aime m'attarder simplement dans la lecture de tes "hauts faits" ou comme ici dans la lecture d'un personnage qui sait écrire ce qu'il à ressentis ce qui n'est pas mon cas.
Magnifique descriptions de ce qu'est ton livre, que dire de plus, rien.
Que dire de moins, encore moins que rien, cette dame à transmis sa lecture de façon magistrale, puis-je lui emprunter quelques mots car moi aussi je l'ai finis depuis un petit temps mais je ne l'ai pas encore dit.
Moi tu le sais je ne suis pas "littéraire", en plus ce n'est pas tellement mon style de lecture, donc pour t'avouer franchement la vérité ... j'ai "tarder" un peu le moment ou j'ouvrirais la première page.
Et bien j'ai été très déçus ... de ne pas l'avoir ouverte plus tôt cette première page.
Ma "puce" l'avait lu avant moi et elle ma dit "il est très bien" oui mais ... ma puce elle lit n'importe quoi c'est le pourquoi de ma lenteur à l'ouvrir et quelle surprise de parcourir ces pages et de subitement se retrouver à la dernière sans avoir vu le temps passé, oh cela ma pris quelques jours quand même, mais pas trois semaines lol.
Y a t'il un féminin à "écrivain" ?
Je sais pas, tous ce que je peut te dire c'est que toi tu est un fameux écrivain.
Merci de l'avoir "pondu" et au suivant c'est quand ???
Passe une très bonne soirée Edmée, gros bisous.

Edmée De Xhavée 26/04/2009 17:57


Waow, Alain,  je suis bien touchée de ton avis. C'est vrai que tout le monde n'a pas les mêmes lectures, et c'est normal. Et donc je comprends tout à fait tes hésitations (parfois j'achète un
livre à un autre auteur de Chloé des lys et n'en dis rien, car si ça ne me plaît pas... oups!).

Je suis contente de lire que ça t'a retenu quand même, et intéressé au point que tu es arrivé au bout! Et content, en plus, ce qui est important!

Le second sortira fin de cette année ou début de l'année prochaine, et le troisième est accepté aussi et bon... on laissera passer un an entre chaque parution, hein! Je n'ai pas envie de devenir
comme Barbara Cartland, qui sortait des livres comme un magicien des lapins de son chapeau... Mais c'était toujours la même histoire, avec des noms différents!

Ciao et bonne guérison encore à ta belle-mère....


Un petit Belge 18/04/2009 10:27

Ayant lu les "Romanichels", je peux dire que tous ces compliments sont mérités! Et il est certain que chacun réagit différemment en fonction de sa propre vie, de son âge et de son tempérament.

Edmée De Xhavée 18/04/2009 13:10


J'ajoute que tu as été d'ailleurs le tout premier à en parler, et sur ton blog, et sur critiques libres etc... Une autre occasion de t'en remercier!