Aimer, aimer ou aimer...

Publié le par Edmée De Xhavée

Il y a tant de manières, tant d’étapes, tant de cartes du cœur pour aimer. Beaucoup sont bonnes, beaucoup sont mensongères ou illusoires.


Il y a le désir que l’on habille de quelques sentiments pour se donner bonne conscience, et qui se déshabille bien vite pour ensuite se fatiguer. Il y a l’envie de se caser que l’on pare de toutes les guirlandes d’usage. L’intérêt pour un certain argent, un certain milieu, un certain talent à l’ombre duquel on veut vivre. La hâte anxieuse à cause d’un enfant à venir et qui ne laisse plus le temps de réfléchir. Le besoin de se normaliser aux yeux du monde. La fuite d’une adolescence au scenario douloureux.


Ou l’amour que l’on nourrit pas à pas sur les bancs d’école ou d’un café de village, de samedi en samedi, joyeusement comme en prenant un chemin évident et sûr. Année par année on construit l’édifice, achetant des murs, ayant des enfants, abattant les obstacles des décès, soucis de carrière et d’argent, les conflits.


Et puis certains cessent, on ne sait quand ou vraiment comment, d’être un couple. L’amour nous deux n'alimente plus la maison. Le tissu des habitudes et de l’acquis tient, tout seul, l’édifice d’une seule pièce désormais bien fragile. Ne reste que l’amour pour ce qu’on a accumulé et fait et les attentions d’usage qui correspondent au rituel pour que, surtout, rien ne change. Les apparences demeurent rassurantes… la preuve : on ne se dispute (même) plus. Un des conjoints reste content. Le tiède. L’autre … se contente et meurt heure après heure. Et se rassure en se disant que c’est sans doute ainsi pour tout le monde.


Et puis l’amour qui frappe et laisse pour morts. Qui donne la vie comme un geyser et peut la reprendre comme la foudre si on le trahit. L’amour complet qui ne vous laisse pas choisir mais vous choisit. Un amour qu’on ne construit pas mais dans lequel on entre comme dans un temple tout érigé, clé sur porte. Celui-là n’est pas raisonnable ou explicable ou prévisible. Il demande la confiance aveugle et tout l’élan du cœur.

 

Malheur aux tièdes, siffle-t-il.

 

Les-brumes-d-Arran.JPG

Publié dans Love is in the air

Commenter cet article

Pâques 01/12/2011 20:22

J'aime bien le commentaire de Celestine, accepter le calme ou repartir sur un autre bateau, c'est un choix.
Pour ma part je suis bien avec mon vieux capitaine Hadock, nous avons bravé la tempête, fabriqué des moussaillons, je sais qu'il se retourne encore sur les jolies sirènes ...il m'arrive de rêver de
Georges Cloney...parfois nous avons la tentation de sauter par dessus bord, un homme à la mer !!!
Mais quelque chose dans son regard vert me retient prisonnière depuis le printemps de nos 18 ans :-)

Edmée De Xhavée 02/12/2011 08:42



Si on est bien avec son vieux capitaine et qu'il n'est pas trop tourneboulé par le chant des sirènes... pourquoi pas? L'habitude peut, en effet, avoir la douceur du molleton, et on a bien des
albums de photos à regarder à deux sous ce molleton. Si au contraire elle est devenue une cape de vieilles brindilles bien grattante, sous laquelle on rumine les occasions perdues et les
humiliations subies... A dieu vat, tant qu'il est temps...



micha 25/11/2011 11:56

beau week-end:-)))

Edmée De Xhavée 26/11/2011 19:57



Bon dimanche!



Denise Doderisse 24/11/2011 19:49

Oh! combien j'apprécie cet écrit sur l'amour ! Tout y est , me semble-t-il et je dis aussi "malheur aux tièdes"...
Très amicalement
Denise

Edmée De Xhavée 24/11/2011 22:18



Contente que mon "malheur aux tièdes" trouve son écho!


Amicalement....



Martine 24/11/2011 08:22

Bonjour Edmée,

L'amour sage ou volage, aux habits si changeants... Comment vivre sans amour?
j'aime tes mots pour le dire

Bonne journée Edmée ;)
Martine

Edmée De Xhavée 24/11/2011 08:50



Merci Martine! Bonne journée



Verdinha 23/11/2011 20:12

Je ne me suis certainement pas mariée pour me "caser" car je ne m'attendais absolumment pas à être frappée avec une extrême violence par...un coup de foudre !
Mariée jeune (à 20 ans)avec une personne de 10 ans de plus que moi, quand je pense qu'il peut "partir" avant moi, je ne parviens pas à m'imaginer mariée à un autre. Je lui ai d'ailleurs interdit de
"s'en aller" avant moi...;)
Je l'aime, un point c'est tout et lui, il m'aime aussi...je crois...;)
Disputes ? c'est rare mais ça arrive, bien sûr !
38 ans, c'est un beau chiffre, non ?

Bisous, Edmée
Verdinha

Edmée De Xhavée 24/11/2011 08:52



C'est magnifique, oui... Bravo!


Bisous