L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers

Publié le par Edmée De Xhavée

Son style est si beau sur son blog que je n’ai pas résisté à m’abandonner dans son livre. Il faut dire que j’avais aussi quelque peu erré sur son website, et que je n’avais plus de doute, plus d’hésitation.

 

Oh, c’est un « petit » livre par la taille, mais bien grand par la vague d’émotions qu’il brasse, et par son style bien particulier.

 

Un dialogue à une voix. Une voix tour à tour enthousiaste, agacée, triste ou enjouée. De douloureux « pourquoi ? ». Une courageuse plongée dans les eaux troubles du passé.

 

Coumarine.jpgDes destins qui frappent fort comme des bâtons de bambou.

 

Une belle et jeune pythie qui réalise sa prédiction ; une seconde épouse qui veut que le passé n’ait pas eu lieu et en efface les pas ; une fillette qui couve, dans le secret de son cœur, l’existence de cette mère dont elle était devenue la vestale ; une jeune fille à la beauté de déesse dont le rire s’éteint sous le poids de ce dont on ne parle pas, ne parle plus… Et puis Elle, Elle qui veut comprendre le jacquard au point compliqué qui forme le tissu de sa vie à Elle.

 

Ces passions sombres et lourdes, Nicole Versailles en déroule le fil pour nous, tantôt mince comme un cheveu d’ange, ou large comme un ruban de paquet cadeau. La volute d’une cigarette, haleine argentée à la subtile mais persistante odeur. Elle s’interrompt, repart à zéro, avec d’autres mots, dans une autre direction, à la recherche du moment où Suzanne n’a plus su donner que des silences entrecoupés de non et de plaintes. Lorsque Suzanne, vaincue, a été effacée de la vie comme Eugénie des souvenirs.

 

Et au cours de ce surprenant « dialogue », Eugénie, cette belle dame enfin dépoussiérée, ressuscitée, garde son expression attentive au bord du sourire, encourageant Elle à parler, parler encore. Et à bien écouter les détails. Oui, mais encore ? demande son regard ferme. Et enfin, posant les yeux sur l’indice où Eugénie l’a laissée se diriger, Elle sent son cœur s’envoler. Car comme la flamme d’une bougie tremblant dans la nuit, l’amour vibre d’une lueur timide mais gourmande. J’étais là, j’étais là, si humble et silencieux queMais j’étais là.

 

L’émotion a accompagné ma lecture je l’avoue, ayant parcouru autrement les mêmes dédales menant au cœur maternel pour y trouver cette braise rouge qui respirait dans le noir.

 

Qu’ajouter ? Que je l’ai lu d’une traite. Et que je me réjouis à l’idée de le relire, d’y revenir, de le garder, de le prêter en demandant qu’on me le rende. L’écriture en est si belle qu’on le relirait aussi rien que pour le bruit qu’elle fait…

 

ISBN 2-930452-09-9, Editions Traces de vie.

 


 

Publié dans Romans

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Mimi du Sud 01/04/2010 14:35


Kikou Edmée,
Moi aussi je suis frileuse,et
de temps en temps au mois de juillet ou aôut
quand le vent souffle: notre bon mistral,j'ai toujours un gilet avec moi,mes fistons et mon homme,me disent que je suis folle lol !!
bonne journée à toi, ma belle,Bisous de Mimi.


Edmée De Xhavée 02/04/2010 18:32



Mais c'est que la chair de poule, ça ne va bien qu'aux poules, non? Lol



Delphine 31/03/2010 21:59


Voilà chère Edmée, je me suis "libérée" du livre de Coumarine (entends par là que je l'ai restitué et ne me sens plus d'entraves; je sais, ça peut paraître bizarre, mais j'étais trop emprunte de
son écriture et de son texte que pour me concentrer sur autre chose...) et suis entièrement disponible pour les Romanichels: bonheur, il s'ouvre en même temps qu'une bientôt semaine de congés...
Bonsoir ou plutôt bonjour :-)


Edmée De Xhavée 02/04/2010 18:31



Pas d'overblog pendant deux jours, alors je suis en retard comme le lapin blanc. J'ai eu depuis le temps de lire ton avis sur ce petit livre qui fait tant penser qu'il en devient grand... Je l'ai
adoré, sans mentir!


Ne te sens pas obligée de commenter Les romanichels, ce livre peut ne pas te parler du tout, ça arrive, et alors c'est difficile. Mais je suis contente de savoir qu'il te tient compagnie en ce
moment!


Bon week-end de Pâques ...



veronique 31/03/2010 13:05


Bonjour edmée

Je vais bien merci de t,en inquieter....mais je manque vraiment de temps de ce temps ci! Rien de tel que d'avoir envie de relire un livre c'est le grand signe...celui qui differe une oeuvre a un
livre quelque contre....

je glisse mon amitié

a bientot xxx


Edmée De Xhavée 02/04/2010 18:28



Contente de te revoir, et contente que tout aille bien. Pardon pour le retard à te répondre, mais je n'avais plus accès à over-blog depuis deux jours! Amitiés ...



Pâques 30/03/2010 20:56


Comment résister...je vais de ce pas l'acheter
après une telle description, je craque :-)
Bisous
Marcelle


Edmée De Xhavée 30/03/2010 23:47



Et je suis certaine que tu ne regretteras pas, c'est un bijou de livre, une caresse sur le front de ceux qui se sentent à l'endroit/à l'envers dans leur vie et regardent en arrière pour
comprendre ...



carine-Laure Desguin 30/03/2010 19:44


Toujours positive, notre Edmée ! Tu as l'art de retourner les situations les plus équivoques pour leur souffler des bulles de réconforts et de succès ! Ah les histoires de famille ...Ce sont des
fils ( ! ) difficiles à dénouer et, certains auteurs savent si bien démêler tout ça que , d'une façon comme d'une autre, cela devient une thérapie pour le lecteur aussi ! Merci, Edmée! Carine-Laure
desguin


Edmée De Xhavée 30/03/2010 23:45



La famille, un fameux tricot, hein! Et tout se tient, nous sommes comme ça parce que nos parents furent... et s'ils le furent, c'est parce que leurs parents ont été ... et eux, leurs parents
n'ont pas su ...