Plus tard, ce sera une bien bonne à raconter...

Publié le par Edmée De Xhavée

Convoi.jpgAlors que j’étais en vacances en Afrique pour y voir mon père et sa nouvelle famille, nous sommes allés en Rhodésie. Entreprise aventureuse puisque les routes du Congo (ex belge et pas encore Zaïre) qui s’y rendaient étaient dangereuses. Aussi bordées de termitières et jalonnées de trous que regorgeant de bandits. La Rhodésie couvait alors sa propre révolte, mais l’ambiance y était, en surface, encore sereine.

 

A la nuit tombante, on a crevé un pneu. Nous aussi étions crevés, d’ailleurs…. On avait quitté le Congo sans attendre un convoi militaire, et donc évité la route principale. Et celle qu’on avait prise, bien plus longue, était une route étroite de terre rouge. Si fine, la terre, qu’elle s’infiltrait partout dans la voiture et même à l‘intérieur des valises. Nous avions tous une belle couleur de guerriers masaïs, cheveux compris. Et étions malgré tout fatigués suite à la crainte d’une attaque, peu probable mais pas tout à fait à exclure.

 

Et nous voilà, enfin arrivés sur une route macadamisée, encore loin de tout, sans une seule lueur civilisée à la ronde, avec un pneu crevé à remplacer dans la nuit. Il fallait vider tout le coffre pour accéder à la roue de secours. Les enfants étaient en mode sirène, pleurant et perçant la paix nocturne de ouin ouins lancinants. On avait faim. On avait envie d’enlever notre fond de teint masaï… Je ne sais plus pour quelle raison mon père avait, en plus, pas mal de difficultés à remplacer la roue.

 

« Plus tard ce sera une bien bonne à raconter », a-t-il dit, « mais pour le moment ce n’est pas drôle du tout ».

 

Une voiture est passée, un vrai miracle sur cette route déserte, et l’épouse de mon père et les deux sirènes on pu ainsi bénéficier d’un lift vers l’hôtel que nous savions se trouver encore loin de là. Je suis restée avec mon père, ma seule fonction étant de lui tenir compagnie, un peu inquiète en imaginant la savane autour de nous grouillant de lions que l’odeur de ma laque l’Oréal affamaient. Oui, c’était l’époque des cheveux crêpés et immobilisés sous la laque.

 

J’ai repensé bien souvent à cette phrase que je n’ai pas appréciée tout de suite. Bien des mauvais moments – même pires que celui-là – finissent un jour par avoir leur côté comique quand on les raconte.

 

Je suis encore sans temps/connexion/ordi, pardonnez-moi si je ne réponds pas aux commentaires !

Publié dans C'est tout moi - ça

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gazou 30/05/2011 08:08


Il y en a comme ça pas mal des histoires qui sont bonnes à raconter après coup mais dures à vivre dans le moment présent


Edmée De Xhavée 31/05/2011 19:54



Ah oui, on m'en a racontées d'affreusement tragiques... dans des crises de fou-rire! Comme quoi, le temps porte un autre regard quand l'urgence de réagir est partie...



Martine 25/05/2011 05:16


Coucou Edmée,

quel souvenir! Brrrr. j'en frisonne. Effectivement. Moi aussi j'ai constaté qu'avec le recul bien des situations embarrassantes, catastrophiques, ont des côtés qui font sourire bien des années
après.
Merci pour ce partage épique.

Bonne journée à toi Edmée
Martine :)


Edmée De Xhavée 25/05/2011 16:08



Je dois dire que cette petite phrase annonçant qu'un jour ce sera une bien bonne m'a toujours encouragée... Merci de ta visite!



JMB 21/05/2011 08:00


C'est vrai qu'avec le recul, les vécus à problèmes sont relativisés. Heureusement !
Bizzz et à bientôt.
JMB


Edmée De Xhavée 21/05/2011 15:52



Heureusement, non ? Merci de tes fidèles visites, et je suis de retour!



Florence 20/05/2011 19:19


Mon ordinateur à voulu jouer aux héros des temps anciens : Achille, Hector, Pâris… On lui a envoyé des chevaux de Troie, histoire de voir si son anti-virus était un bon défenseur ! Il semble que
tout soit rentré dans l’ordre, mais cette petite plaisanterie homérique m’a fait perdre un temps fou et m’a fatiguée, car je n’en menais pas large, c’est fou comme il compte l’ordi et tout ce qu’il
contient dans ses petits dossiers jaunes, lorsqu’on a un blog !
Le temps de Nantes est pénible lui aussi, passant de la chaleur orageuse d’un plein été, à la fraîcheur d’un début d’automne, et parfois dans la même journée, il est épuisant !
Mais pour le moment, c’est dans la chaleur africaine que tu te débats, avec une belle-maman exquise escortée d’adorables angelots et un papa avec cric, manivelle et tout son savoir d’habile
mécanicien.
Mais un pneu crevé reste un pneu crevé, et une savane reste une… terre sauvage. Et je dirais même de sauvages. Mais lorsque les adorables chérubins et leur maman furent partis, que tu eus cette
attitude héroïque digne des anciens Troyens, vous n’aviez plus que le pneu crevé à donner à la convoitise des cannibales. Car vous, po…ovre…es comme dirait Mimi de Toulon avec l’accent de là-bas,
vous n’étiez pas bien appétissants avec votre maquillage indigène.
Mais Edmée, les lions, ce sont des félins, et les plus adorables de l’espèce. De toute façon, c’est la lionne qui chasse ! Alors avec les lions à la magnifique crinière, tu n’avais rien à craindre,
avec ou sans laque ! De plus, si une lionne t’avait vu dans la pénombre, elle t’aurait prise pour un lion ! Tes cheveux crêpés, laqués et ocrés, devais ressembler à une belle crinière !
Allez ! Je te laisse avec ton papa, car si tu ne veux pas finir dans le lit d’un grand chasseur, il faudrait que tu lui donnes un coup de main !
Bisous de loin, car vraiment tu sens une drôle d’odeur !
Florence


carine-Laure Desguin 20/05/2011 17:42


C'est vrai, c'est une façon que j'ai aussi de rebondire quand c'est difficile de faire passer la pilule, je me dis, plus tard, ce sera une bien bonne à raconter ! Pfff, j'espère que tu auras
bientôt tes connexions chère Edmée, ça me manque un peu tes petites réparties sur le forum ! BIsous, Carine-Laure


Edmée De Xhavée 25/05/2011 21:21



Me revoici tout doucement, tant à rattraper, j'aimerais dorénavent que lorsque je n'ai pas de connexion, tout le monde attende en silence... Quoi, cause toujours...?