Rires, pierres, étangs...

Publié le par Edmée De Xhavée

Où vont-ils ? Où va donc se réfugier la mémoire des pierres que l’on a séparées, mises au sol, enfouies ou réutilisées pour bâtir d’autres murs ? Et la mémoire des eaux que l’on a asséchées, détournées, taries ?

 

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Où donc vont courir les rires des enfants qui résonnèrent autrefois au bord de l'étang sur la rive duquel s’érigeait cette grotte artificielle ? Tous sont morts aujourd’hui, l’un d’entre eux est ma mère, une petite fille à la lourde frange noire et toute sa vie devant elle, vêtue sans doute sous sa robe de son « affreux maillot de bain rouge » qu’elle détestait. Quelque arbre centenaire ou quelque pierre couronnée d’herbes folles survivant dans un des jardins de ce nouveau quartier construit là se souviennent-ils d’elle quand elle criait, rageuse, au soleil de s’en aller pour qu’on lui permette de ne pas jouer avec son vilain maillot ?

 

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De cette demeure ne subsistent que les écuries, qui d’ailleurs étaient la partie la plus ancienne, peu décidée à s’effacer sans doute. Se souvient-elle d’échos de pas, de disputes, de grandes fêtes, toute démontée qu’elle est, toute invisible qu’elle demeure ? De l’odeur des chevaux en sueur que l’on frottait avec de la paille ? De la vapeur qui montait du fumier dans la cour ? Des regards du palefrenier sur la poitrine d’une servante rieuse et facile ?

 

Miracle de la photographie qui nous sauvegarde des lieux et des instants à jamais. Plus « banalement » que les tableaux d’autrefois qui teintaient de majesté tout ce qu’ils représentaient. Le papier lui aussi, contient plus que ce que sa surface offre. Un moment de vie y est immobilisé à jamais. Le souffle du vent s’est figé, tout comme les sourires sur les visages et le roulement des yeux sous les paupières. Images d’un bonheur véritable ou de studio où il était bon de le représenter avec mesure et rien qui déforme les traits ou dérange la mise.

 

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Tous ces gens ont vécu, ces eaux ont couru sur leur peau, le vent a fait bouger leurs cheveux, ils se sont assis sur des pierres qui ont absorbé sans un bruit un peu de leur essence. Il suffit de si peu pour les faire revivre. Ecouter. Imaginer. Sentir que oui… c’est bien ça.

Publié dans C'est tout moi - ça

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Maurice Stencel 26/05/2012 08:31

heureux qu'il y ait des boites à chaussures. Mais qu'est ce qui pousse à les ouvrir ?

Edmée De Xhavée 26/05/2012 08:49



Dans une vieille boîte à chaussures il y a la tumultueuse existence de tous ceux qui nous ont dit d'éviter les histoires...



micha 25/05/2012 13:07

beau week-end~....... dear~~~~~~~~~~~~

Edmée De Xhavée 25/05/2012 19:06



Enjoy it too, my dear!



mamou 24/05/2012 21:35

j'aime aussi fouinasser dans les photos...
les coupes de cheveux des uns, les maillots tricotés et pendouillant des autres marquent toute une époque, s'installant à tout jamais dans nos souvenirs de famille ! elles sentent bons ces images
démodées et ne demandent qu'à parler ! mon seul regret c'est qu'on ne met pas assez "raconté"...

Edmée De Xhavée 25/05/2012 19:01



Oui, on voudrait en savoir bien plus encore pour le transmettre. Mais alors on aurait tant et tant à raconter...  Parcequ'on raconterait notre vie aussi!



Un petit Belge 24/05/2012 17:10

Tes billets sont nostalgiques et mélancoliques ces dernières semaines, mais au final, on en resort malgré tout avec une impression positive. Mais comme le fait remarquer très justement Florence,
oui, il ne faut pas oublier les bonnes choses du passé et de notre patrimoine (et tu sais combien cela me touche), mais il ne faut pas oublier de vivre intensément le moment présent. Et surtout
quand il y a du SOLEIL comme aujourd'hui sur notre petite Belgique. A bientôt Edmée!

Edmée De Xhavée 25/05/2012 18:51



Tu penses que je suis mélancolique? Je ne crois pas. Je vis autrement qu'aux USA naturellement mais en réalité c'est plus un plaisir d'évoquer le passé - le mien ou celui des miens - que le
regret que ça soit passé! Je te l'ai déjà dit: les souvenirs, le passé, personne ne peut nous le prendre. C'est là à jamais et on relit le livre autant de fois qu'on le veut. J'avoue que je
survole les mauvais chapitres et m'attarde sur les beaux! Tout finit toujours bien, dans mon livre 


 


A bientôt!



micha 23/05/2012 08:45

ah bon;-)

Edmée De Xhavée 23/05/2012 22:19