Edmée De Xhavée

Paolo Badini est né à Bologne en 1947. Il a été responsable, pour Anterem Edizioni, de l’anthologie de poésie féminine Il volto della scena en 1985. Il
est rédacteur de la revue poétique « Anterem »
Il a présenté douze expositions personnelles comme poète visuel, et sa présence se retrouve aussi dans de nombreuses expositions collectives. Il est critique d’art, et a écrit trois romans et des
livres d’art : Le meraviglie dello spirito dello Senatore No, illustré par Giuliano Della Casa ; Le anime morte,
illustré par Germano Sartelli ; La rivolta degli oggetti parlanti, avec des reproductions des œuvres de Luciano Laghi.
En poésie il a publié La pietra d’oro (Geiger, 1975) ; La guerra totale (Geiger, 1976) ; Tarzan/La cucina del
diavolo (North Press, 1979) ; La terra incantata (Altri Termini, 1979) ; La porta dei demoni (Nuovo ruolo, 1986) ;
Il cammino della conoscenza (Campanotto, 1987) ; L’aquila azzura (Anterem, 1987) ; Il paradiso delle
tempeste (Anterem, 1996) ; La caverna della luna (Fudenji, 1996) ; Cartella vuota (Circolo degli artisti, 1997) ;
Il Signore dei Testimoni Blu (Anterem, 2001)
Voici la préface qu’il a écrite pour Les romanichels :
Une constellation de personnages se déplace dans des scenarii familiers, scènes domestiques soigneusement décrites, paysages tout compte fait sommaires, fastueux décors de théâtre ou cinéma dont
certains sont réels et d’autres tout à fait imaginaires.
Il pourrait s’agir aussi d’une dernière image du décadentisme, peut-être la renaissance d’un Maeterlinck qui se représenterait de manière moins réflexive, mais dont l’écriture serait plus centrée
vers la progression des faits.
Et c’est peut-être ce halo léger de « décadentisme » qui maintient le récit et le jette tête la première dans la modernité et lui donne une grande progression. De fait, il semble être
projeté vers le futur, la mémoire entrant et n’entrant pas en ligne de compte.
Immédiatement, la pensée devient langage, et crée une sorte de cosmogonie de relations où les phrases décoratives, parties intégrantes d’une écriture qui tend à la complexité, n’atteignent jamais
l’énergie d’un emblème, d’un symbole définitif. Tous les faits se dissolvent dans les phrases qui leur succèdent, dans le récit des « Mille et une nuits » d’une Shéhérazade qui jamais
n’a été en danger ni menacée, et ne le sera certainement jamais, ayant déjà acquis une suprématie définitive sur les hommes et les femmes.
C’est justement là que le récit lui fera trouver de nouveaux compagnons de jeu imaginaires. Ces compagnons ont été développés dans les récits d’autres narrateurs, comme la poétesse Navajo Luci
Tapahonso et les auteures Jacqueline Harpman ou Edith Wharton, toutes des femmes libérées du lieu imaginaire de l’asservissement domestique. Là, la tradition verticale, l’emprunte hiérarchique du
moi narrateur est tout à fait déclassée. Elle devient une zone encore plus franche, le ton se fait confidentiel, circulaire, un « Decameron » dans lequel tous les personnages, s’ils le
voulaient, pourraient prendre la parole l’un après l’autre, alors qu’il se contentent simplement de demander leur possibilité d’accorder toute leur confiance à l’auteure Edmée De Xhavée.
Plusieurs versions de soi-même s’alternent donc dans le roman, supprimant à chaque fois la possibilité de clore, de définir un contexte avec exactitude. La chose la plus surprenante est ce sens
continu d’indétermination de la voix narratrice, et en même temps son ton franc et décidé et, si nous voulons employer un terme très peu utilisé en littérature, tout à fait
“sincère”.
Tous les personnages semblent guidés par une inexorable soif d’amour qui transforme tout en une exceptionnelle « solarité », dans les lumières extrêmement pures du
sud, presque issues de la mythologie. Une lumière qui semble donner le souffle aux êtres et dans laquelle les villes s’ouvrent, se ferment et s’ouvrent à nouveau. Le récit est
entièrement tissé de fils délicats qui créent la vraie relation entre les personnages qui paraissent exhaler des arômes quasi imperceptibles, et qui cependant parviennent à guider toute la
narration.
L'histoire devient encore une série de faits successifs et absolument imprévisibles, éludant semble-t-il tout rapport de cause à effet. Elle s'emplit de journées exceptionnellement
dominicales, de départs et d'arrivées en vacances, au cours desquelles on sert les arômes et mets des jours de fêtes. Des journées qui représentent aussi la progression d'années
entières. Une série ininterrompue, l'authentique multiplicité de l'évolution de la pensée, la maturation des idées.
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