Mes lecteurs disent que...

La brodeuse, parue aux Editions Librisme: Avis de Bob Boutique -

Je viens de lire ‘La brodeuse’ et reste émerveillé… ce texte mérite mille fois de figurer dans le recueil que l’éditeur suisse Librisme publie cet été. Car il est Re-mar-qua-ble. Plus courte que d’habitude (pour moi, c’est un avantage), cette nouvelle reproduit fidèlement le monde nuancé et tout en finesse d’Edmée.

 

Un style à l’ancienne qui me rappelle Marie Gevers ( je crois l’avoir déjà dit ) avec de jolies phrases construites comme des rangs de perles, une histoire simple où la psychologie joue un grand rôle, du suspense même s’il n’a rien à voir avec les thrillers à la mode ( un peu dans le genre de Micheline Boland ) et… comment dire ? Une mélancolie douce, ton sur ton, à la Laura Ashley.

Si je devais comparer avec un peintre, je dirais Vermeer de Delft, en moderne bien sur. Ou Suzanne Valadon, la mère d’Utrillo. C’est confus ? Sans doute, mais c’est ainsi que je le ressens.

L’histoire ?

Anodine, mais d’une grande profondeur humaine. ‘Du peu, mais du bon’ comme écrit Edmée. La qualité avant l’esbroufe et le sentimental facile.

Géraldine (la petite soixantaine ?) brode et tricote pour deux boutiques de mode. Un travail qu’elle accomplit avec joie et humilité depuis 25 ans, à la fenêtre d’un petit appartement qui domine une rue dont elle connaît tout. Le bruit d’une porte qui se referme au 19, le bac à sable d’un jardinet où il y a deux enfants, le petit chien qui aboie et court derrière les vitres d’une maison de rangée… Elle observe, tout en tirant le fil et en palpant des tissus soyeux aux motifs délicats : ‘ … une nappe a thé, déjà terminée, a des géraniums grimpant à l’assaut de replis aux quatre angles, et des paons du jour et coccinelles le long de l’ourlet ajouré…’

Au numéro 15, en face, il y a une jeune femme, jolie, qui chantonne toute la journée et reçoit chaque matin, après le départ d’un époux plutôt terne, un amant un peu canaille qui s’en va au bout d’une heure en sifflotant. Du tout venant en quelque sorte.

Puis un jour, Géraldine est en train de broder les serviettes d’un trousseau, voila qu’elle aperçoit le mari qui rentre plus tôt que prévu…

Je vous laisse découvrir la suite. J’ai adoré. Car elle est bien dans le ton du récit, simple, élégante et… mais oui, pourquoi pas… tendre.
C’est tout ? Oui, c’est tout, mais avec quelle virtuosité ! Quelle bonté. Lisez et vous comprendrez.

L’écriture ? Brillante comme à l’accoutumée..

‘Encore une matinée merveilleuse, malgré la pluie d’hier. Les trottoirs sont encore mouillés, des flaques brillent là où les pavés sont trop enfoncés. des gouttes captives dans les feuilles et les géraniums ressemblent à de petites loupes.’

‘Bien que concentrée avec une joie tranquille sur des plumages écarlates au point de tige, et sur son fil de soie perlée qui tend parfois à boucler, elle lève de temps à autre les yeux de son travail aux rumeurs de la rue…’

Et ainsi de suite…

J’ignore s’il est déjà possible de lire ce conte quelque part, car je suppose qu’Edmée De Xhavée en réserve la primeur à son éditeur. Disons, que j’ai eu la chance et le privilège d’une avant-avant-première, une espèce de cadeau personnel, que vous découvrirez bientôt dans le recueil de Librisme que je vous recommande même s’il n’est pas encore publié.