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Qui suis-je?

Je suis née à Verviers (Belgique, Province de Liège) d'une famille vagabonde par nécessité. Oncles, tantes, grands-parents avaient soit vu le jour sous d'autres cieux, soit vécu sous ces autres climats, vu ces rivages encore purs de tourisme, chevauché dans les pampas ou bravé les flots sur des voiliers qui tanguaient vers l'Est ou l'Ouest. Les affaires familiales les envoyaient en Australie, Argentine, Uruguay, et la famille d'un arrière-arrière-grand-père a vécu ses belles années à Batavia, dans les Indes Néerlandaises. Ça fait beaucoup de choses à imaginer, beaucoup de personnages hauts en couleur à fréquenter, beaucoup d'histoires saupoudrées d'épices lointaines à écouter. Je suis donc partie aussi, moins loin, mais avec le même appétit pour ces "autreparts" que je voulais savourer. J'ai écrit bien des lettres, décrivant mes péripéties, mes sorties, mes coups de foudre culinaires ou pour des lieux pleins de merveilles. J'écrivais, j'écrivais, j'écrivais. Et finalement j'ai entendu ce que ça voulait dire. Ecrire, c'est "ce que je fais dans la vie". Le reste, c'est pour manger et ... écrire!

Editions Chloé des lys à Barry
Editions Librisme (Suisse)

Pour commander (attention: Chloé des lys ferme pour les vacances : deux mois d'été, deux semaines à Noël et Pâques!):
chloe.deslys@scarlet.be
www.chapitre.com

Au furet du Nord

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Vendredi 14 septembre 5 14 /09 /Sep 08:34

Bonjour à tous et toutes....

 

Après cinq ans de fidèlité, j'ai déménagé... Ma  nouvelle adresse est http://edmeedexhavee.wordpress.com

 

Venez m'y retrouver et boire un thé - ou un bloody maria si vous préférez.....

 


Par Edmée De Xhavée - Publié dans : C'est tout moi, ça
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Vendredi 7 septembre 5 07 /09 /Sep 18:43

Pluie.JPGRendre quelqu’un heureux… L’image à laquelle les faibles – ces faibles si forts ! - s’accrochent en y enfonçant les ongles. On ne les rend pas heureux. Ce n'est pas leur faute s'ils sont "comme ça".

 

Mais la capacité au bonheur est quelque chose qu’on a ou pas, qu’on a et qu’on chérit ou qu’on rejette, incapable que l’on s’estime d’y accèder.

 

Alors on en charge les autres.


Un mari ou une épouse ne rendra pas son conjoint heureux. Il apportera sa joie de vivre personnelle dans la vie du couple, et travaillera aux certitudes ou semi-certitudes envisageables pour l’avenir. Mais il/elle ne peut en aucune manière faire entrer le bonheur dans la vie, le regard, le cœur ou le sourire de l’autre. Surtout si cet autre « attend qu’on le lui apporte ».


Et qu’il est donc difficile de se dire que, quel que soit le chemin que l’on prend, on n’arrive pas à aider l’autre à trouver son bonheur. Il accompagne, maussade comme une ombre de pluie, parfois grimaçant un sourire qui dit « c’est bien pour te faire plaisir ».


Et parce qu’il ne s’aime pas, il n’aime pas non plus. Il s’accroche, oui, mais pas avec le cœur.

 

Et en face d’eux on se sent honteux de ne plus avoir envie de donner, de n’agir que par devoir. En face d’eux on cherche en vain l’éclair de la joie dans la présence, dans la complicité, l’échange. On guette un retour. Et on trouve le silence. Des yeux qui se posent familièrement sur nous au matin sans qu’on y trouve les mots muets « Oh toi, que j’aime quand tu fronces le front de cette manière… et cette mèche jamais coiffée, quelle tendresse elle fait vibrer en moi… ».


Il est bien dur d’être celui qu’on accuse de n’avoir pas rendu heureux !

Par Edmée De Xhavée - Publié dans : C'est tout moi, ça
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Vendredi 31 août 5 31 /08 /Août 16:38

Charles-le-Temeraire.JPG Charles le Téméraire s’est marié trois fois. Il a perdu ses deux premières épouses. Mais il faut dire qu’il était déjà veuf à douze ans. Il doit exister des études plus ou moins sérieuses sur ces pratiques du mariage des enfants qui avaient un sens politique et, peut-être même, si les enfants grandissaient ensemble, des chances d’affinité suffisantes. « Boh ! » comme disent les Italiens quand l’effort de réflexion ne mérite pas ce qu’on va conclure…


Mais oui ! Il avait six ans et n’était alors que Charles, Comte de Charolais quand il s’est marié avec Catherine de France – aussi dite Catherine de Valois -, et elle en a douze. Elle est fille de Charles VII et de Marie d’Anjou. Et soeur du futur Louis XI. Elle n’est donc pas la Catherine de Valois qui deviendra reine d’Angleterre. Bon, normalement il ne mouillait plus ses braies ni poulaines je suppose, et de son mariage les plus grandes joies auront vraisemblablement été les bonnes choses à manger, les cadeaux et quelque bouffon qui aura cherché à le distraire avec des pitreries. Il se sera sans doute endormi le ventre un peu lourd et en sachant qu’un grand jour venait de ciseler sa vie, un peu comme nous à notre communion dont nous ne comprenons pas trop le sens mais savons que nous franchissons un cap invisible.


Est-ce qu’il doit aller saluer madame sa petite épouse tous les matins ? Dorment-ils ensemble ? Lui raconte-t-elle des histoires pour l’endormir, fait-il des cauchemars ? Veut-elle ses chiens favoris sur le lit et doit-il se pousser parce qu’il est le plus petit ou est-il déjà un peu colérique, difficile et violent comme on le décrira   « chaud, actif et despit, et désirant en sa condition enfantine à faire ses voulontez à petites corrections » – et exige-t-il qu’elle obéisse parce qu’il est le mari ?


Six ans après elle meurt à Bruxelles. Le poète de la cour des ducs de Bourgogne, le Bourguignon Michault Taillevent, compose en cet honneur le Lai sur la mort de Catherine de France… On est donc tristes. Est-ce que le gamin de douze ans est triste ? Les morts sont fréquentes alors. On peut vivre assez vieux mais il faut passer par les épreuves des épidémies, des infections qu’on ne savait trop bien soigner encore, des guerres, des suites de chutes ou bagarres, d'une dent gâtée qui contaminait la mâchoire… On disait bien souvent « A Dieu ! ». Se retrouve-t-il seul dans un lit ou rien ne change-t-il pour lui parce qu’il dormait encore seul ?


Quel contact pouvait-il y avoir entre une jeune fille de 18 ans et un enfant ? Et puis, ils étaient destinés, malgré tout, à assurer une descendance un jour. A douze ans… il avait encore un peu de répit et il est probable que ses rêves le portaient plutôt vers son cheval et les exercices turbulents du maniement de la lance que vers les charmes de sa « femme ». Comment donc les choses étaient-elles mises dans la bonne voie quand le temps était venu? Comptait-on sur la nature, ou sur l’épouse plus âgée dans ce cas-ci ? Ou du confesseur qui n’avait en tête que l’avenir de son coin de terre pour que le Dieu qu’il vénérait s’y sente en sécurité ?


Franchement, un petit garçon de douze ans veuf… c’est difficile à imaginer !

Par Edmée De Xhavée - Publié dans : C'est tout moi, ça
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Vendredi 24 août 5 24 /08 /Août 17:59

Mon grand-père était acheteur de laine. Verviers et la laine, c’était une longue histoire d’amour qui passait de génération en génération et unissait les familles comme un tissage bien serré. Les mêmes noms se retrouvaient depuis plusieurs générations, unis à d’autres même noms. Les réputations n’étaient plus à faire. Et les Verviétois s’en allaient pour affaires avec leur famille, leurs enfants voyaient le jour sous d’autres cieux et revenaient en visite après de longues traversées en bateau, ahuris devant ces familles qu’ils découvraient et qui ne ressemblaient pas aux visages basanés de leur quotidien.

Deltas-de-la-memoria.JPG

 

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L’oncle Edouard fumait le cigare, se souvient encore mon père – Crevette et le hall de la maison de son grand-père maternel Henri était gigantesque. Rien à voir avec leur maison aux formes simples et proportions modestes d’Uruguay. L’oncle Charles racontait des plaisanteries dont il ne saisissait pas le sens et en général tous les adultes tentaient d’intéresser ce petit garçon quelque peu perdu malgré tout. C’est en Belgique qu’il a fait son premier voyage en train et il était émerveillé devant les talus verts et fleuris, si différents du décor de ses jours à Montevideo.


Et la vie était tout autre d’un côté à l’autre du monde. On ne mangeait pas la même chose. Le climat n’était pas le même. Les faits divers non plus. D’un côté on avait envoyé l’aînée à Sainte Julienne au mariage de la pauvre petite X*** dont le père n’avait cessé de pleurer pendant toute la cérémonie à laquelle personne n’était venu ! (La pauvre petite X*** était-celle enceinte ? Le mari était-il peu recommandable ?) et de l’autre Albert devait son salut à un Indien dans la pampa…

 

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Car Albert, mon grand-père, s’est un jour égaré dans la pampa. Il était à cheval, et la nuit était tombée. Pas de vraie route, juste une vague piste qu’il avait quittée sans le remarquer. Une lueur au loin l’a attiré, c’était une petite maison rudimentaire habitée par un Indien qui lui a cédé son lit et, le matin, l’a accompagné sur son cheval jusqu’en vue du prochain bourg qui le remettrait sur la bonne direction…


Et le même Albert rapportait à la maison des anecdotes du genre « j’ai logé dans un « hôtel » où une petite pancarte demandait aux caballeros d’enlever leurs éperons pour dormir… Et racontait comment la laine arrivait en ballots tirés par des boeufs...

 

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Les badinages avaient décidément un accent différent même s’il s’agissait de la même famille…

Par Edmée De Xhavée - Publié dans : Crevette
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Vendredi 17 août 5 17 /08 /Août 09:27

Denis Billamboz m’a fait le plaisir de lire mon livre et d’en faire une note de lecture. Qui m’a fait réfléchir...


« Edmée est très à l’aise dans la dissection des relations dans les couples qui sont presque toujours mal équilibrés. Elle ne semble pas beaucoup croire à la pérennité des couples qui explosent presque toujours, par manque d’amour, dans ses livres. Ainsi le couple n’est même plus un refuge contre les cruautés de la vie. Les femmes se retrouvent souvent seules face à un destin qui est souvent contraire et parfois même cruel. On dirait qu’Edmée est un peu désabusée et qu’elle regarde la vie avec un regard à la fois amer et acide comme si elle souffrait encore de blessures mal cicatrisées. Cependant, elle ne sombre jamais dans un pessimisme outrancier car elle réserve toujours une porte de sortie agréable à ceux qui savent aimer par amour ou amitié. Le bonheur et la joie sont possible dans l’œuvre d’Edmée mais seulement à ceux qui ont payé un lourd tribut de douleur et de sacrifices. »


On remarquera sans hésitation la similitude avec ce que Luc Beyer de Ryke a conclu dans sa préface pour mon troisième ouvrage « Lovebirds » : « C'est pourquoi je proposerai en exergue de ce recueil de nouvelles d'Edmée De Xhavée le mot de Péguy lorsqu'il adjurait de « ne jamais tuer la petite fille Espérance » 


Chez Edmée De Xhavée, la « petite fille » est à la peine. Elle est atteinte jusqu'au fond du coeur et de l'âme. Elle se meurt... Mais elle survit. »


L’analyse de Denis Billamboz  m’a amenée à réfléchir. Et à admettre – pas pour la première fois d’ailleurs – que l’habituel Happy Ending des films et contes Ils se marièrent, furent très heureux et eurent beaucoup d’enfants, me semble depuis longtemps un Ending et basta.


Ce n’est pas l’amour dont je doute, ni le mariage. C’est le mariage « gentiment imposé » par les coutumes et la société. Je ne dirais pas forcé mais c’en est la version soft. Et je me contente de regarder – à la loupe – celui qui se pratique sous nos cieux et cultures.


Tante-Yvonne.jpgLe divorce de mes parents à une époque où c’était encore considéré comme une extravagance m’a certainement marquée, mais au moins ce fut une séparation officielle tandis qu’autour de moi j’entendais – ah, les enfants qui savent feindre de ne rien comprendre aux conversations des grands mais en retiennent assez – qu’on avait vu oncle Untel en vacances avec une maîtresse (et on savait qu’on avait un peu forcé la main de l’oncle en question pour qu’il épouse ma tante et qu’il avait dit, le brave malheureux : je l’épouse, c’est entendu, mais je ne l’aime pas) ; que Mr et Mme Machin se trompaient l’un l’autre et fréquentaient socialement les amants et maîtresses du conjoint ; que X couchait avec les maris de toutes ses amies – et perdait ses amies ; que les enfants du ménage L…  n’étaient pas ceux de monsieur L… ; que monsieur J… fermait un œil bien fatigué de vieillard sur les frasques de sa jeune et vigoureuse épouse.  Bref, s’il y avait des ménages sans histoires, il y avait les autres. Et on parlait plus de ceux-là, soyons logiques : c’était bien plus amusant !


Et dans les ménages sans histoires, d’après mes observations d’enfant attentive et sans pitié ils étaient tels souvent par la vertu de la soumission totale d’un des deux. Soit on avait une épouse qui n’avait rien à dire ni à dépenser et était délirante de joie à l’idée d’un thé à la maison avec ses amies, diversion paradisiaque, ou c’était l’époux qui marchait à la baguette et était mort depuis des années mais ne le savait pas encore


J’ai rencontré un couple qui vivait d’amour. Qui vivait l’amour. Ils n’étaient pas mariés – je crois qu’elle était sa maîtresse depuis toute une vie, plus jeune que lui mais bien vieille déjà quand  je les ai vus. Il avait 93 ou 94 ans à l’époque et elle était une jeunette de 70 « et des »… Mais l’amour était bien là, palpable, tactile et bienveillant. Et lui, protégé par l’admiration constante d’une femme qui l’aimait depuis sans doute 40 ans, il était disert et vaillant, absolument passionnant à écouter et regarder. Son épouse légitime avait fini par mourir mais pour des raisons de succession envers ses enfants il n’avait pas épousé sa fidèle amoureuse, ce qui ne changeait rien du tout pour eux. J’ai été marquée par cette réussite amoureuse comme par tous les échecs sentimentaux qui entouraient ma vie : il y avait donc, dans le désert affectif des amours organisées – comme les vacances – des gens qui faisaient voyage et changeaient de route en aventuriers, puis trouvaient le bonheur. Le cultivaient et le gardaient. S’en enveloppaient pour toute la vie.


Amour.jpgJe ne suis pas contre le mariage. Mais je déplore que l’on persuade des gens faits pour vivre seuls qu’ils seraient mieux à deux ; que l’on pousse des gens à se marier parce qu’il est temps pour avoir des enfants, que l’amoureux ou l’amoureuse du moment est parfait(e) et qu’il faut se décider ; que l’on néglige de parler du besoin de marier les cœurs mais aussi les corps et de préciser que si l’un est absent ou moribond, le mariage n’en sera pas un longtemps. Je déplore que l’on dise aux gens qu’il faut « se contenter » comme si la perspective d’une vie à deux avec quelqu’un qui ne vous parle pas ou ne vous désire pas ou ne s’intéresse pas vraiment à vous est le lot de tous ou presque. Que l’on pousse les gens à penser qu’on ne sait pas ce qui se passe chez les autres, baume infâme parce qu’on suppose alors que chez les autres c’est encore un peu plus médiocre.  On nivelle par le bas en disant n’espérez pas trop.


Je ne porte pas de jugement non plus sur les gens infidèles. Que ce soit « en cachette » ou par un accord avec le conjoint.  Ca ne me regarde pas. C’est souvent le meilleur moyen de protéger les apparences d’un  mariage sans afficher ses désillusions. Ce qui me désole c’est quand,  justement,  on est arrivé au point où seules les apparences sont sauves et que le mariage lui-même est une grande vasque d’indifférence plus ou moins patiente, ou de comptes réglés sournoisement dans le secret des regards et remarques. Un quotidien truffé de haussements d’épaules et réflexions cyanurées.


Alors que l’amour, c’est la force bénéfique du monde.


Et que le mariage devrait être un lieu où chacun peut grandir et s’épanouir avec l’aide de l’autre. Et en tout cas sans les restrictions de l’autre. Un lieu où se trouver bien, en confiance absolue. Un lieu où on se sent inconditionnellement aimé et soutenu, libre de vivre. Un refuge contre les cruautés de la vie, comme le dit Denis Billamboz!


Alors me direz-vous… je vois du divorce et séparation à tous les coins. Oui sans doute. Quand c’est nécessaire. Pourtant je trouve qu’un serment – même si prononcé alors qu’on n’y comprend rien – qui engage à prendre soin et rester proche jusqu’à la mort (ce qui pour moi est la vraie fidélité) doit se respecter. Et qu’un couple qui se sépare n’échoue pas. Au contraire il a pris conscience de faits qui pourraient le conduire au mépris quotidien, ou à une vie un plus un égale deux fois un, sans vrai partage. Je trouve qu’un couple qui se sépare conserve ses devoirs de loyauté – surtout s’il  a des enfants – et d’amitié, de collaboration harmonieuse sur ce qu’il a construit pendant les années positives.


Mais qu’il faut arriver à faire le point. Vivre une lente extinction des feux ensemble est un suicide collectif. Tout comme avancer de vengeances en vengeances invisibles aux yeux des autres mais qui grignotent l’âme, ce qui n’est  certainement pas un « plus » pour les enfants. Je me souviens certes du désespoir de ma mère lors du divorce – à une époque où les femmes ne travaillaient pas – mais aussi du malaise que j’éprouvais en percevant la tension entre mon père et elle.


C’est sans doute pourquoi, cher Denis, je pense en effet que le bonheur et la joie ne sont possibles qu’après être parfois tombé de Charybde en Scylla, pour enfin arriver à faire face à qui on est et ce qu’on veut vraiment.

Par Edmée De Xhavée - Publié dans : Love is in the air
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Vendredi 10 août 5 10 /08 /Août 18:02

 

Petite-dame-d-Ostende.jpg

 

Anne Renault, tout comme Kate Milie que je vous présentais l’autre jour, a publié son premier livre chez Chloé des lys. Suicide dans l’après-midi Et puis la voici semant ses mots chez l’Harmattan. Et comme j’aimais beaucoup son écriture – dont vous pouvez tâter le goût dans cette courte nouvelle/poème  -, c’est avec bonheur que je continue de suivre ses pensées mises en mots avec une grâce percutante dans ce second recueil.

 

Je retrouve ici une certaine … douceur dans la souffrance, avec des explosions passionnées. Il y a toujours charme et sensualité dans les nostalgies évoquées par Anne, et aussi des éclats de volupté ou colère.


Et puis, pour moi qui suis Belge et aime tant Ostende, découvrir cette superbe plage souvent mitraillée par la pluie décrite par une Française fut un double régal. Car elle aime le charme un peu triste et mouillé, toujours venteux, de cette reine des plages à nulle autre pareille.

 

Matin sur la digue petit


Dix nouvelles, dix rencontres, dix empreintes qui resteront là. Des rencontres qui auraient pu être banales, perdues parmi d’autres. Remisées dans un distrait « tu ne devineras jamais ce qui m’est arrivé aujourd’hui » dont on s’effare ou s’esclaffe, ou se surprend juste un peu. Et pourtant Anne Renault sait, elle, en quoi elles sont uniques, précieuses ou révélatrices. Révélatrices elles le sont toutes, dans des registres différents.


Une écriture minutieuse qui pointe vers les méandres de l’âme, du cœur… Qui dénoue les tourments, démêle les solitudes, lisse les angoisses, perturbe les sens. Il y a ces enfants qui exultent dans la taquinerie ou encore un moment béni de communion de sourires… Ces femmes et hommes solitaires pour un instant, une vie ou juste dans leur tête. Ces gens à l’âme en désordre, qui crient de leur voix ou de leur regard.


Tous ces isolements, mauvais partages, instants de doute, désirs cuisants sont, oui, colorés de la tristesse ou rage qui en font parfois partie, mais la rencontre est la révélation, le moment précieux qui ouvre ou referme une porte avec un fracas que seul le protagoniste entend.


Eh non, rien n’est anodin, finalement !


Aucune histoire ne ressemble à la précédente. La musique varie, tant par la partition que par les instruments. Le décor est bien campé, si bien imagé qu’on entre dans un grand tableau.


« La pluie violente avait cessé. Subsistait une bruine froide, qui faisait luire les capots des voitures et entourait d’un halo les enseignes lumineuses maintenant allumées. »


« La Digue était à vingt mètres. Quand je l’ai atteinte, la bourrasque m’a saisie de plein fouet, au point de me faire chanceler. Je me suis calée à un mur pour m’orienter. En face de moi, l’étendue absolument noire, grondante, sauvage, de la mer. »


Il y a du vécu dans la prose d’Anne, du vraiment vécu. Qu’elle raconte un fait réel ou pas n’a pas d’importance, il devient réel parce que tellement vraisemblable, décomposé dans toutes ses articulations jusqu’à ce que l’émotion se libère enfin.

 

Par Edmée De Xhavée - Publié dans : Romans
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Vendredi 3 août 5 03 /08 /Août 15:41

Pas encore partis, déjà revenus, destinés à ne pas bouger… août urge tout un chacun à jouir de ce dernier mois de vacances, d’en décomposer chaque heure, d’en savourer tous les aspects.

 

Vacances… Le vide ? Vacuité. Quoi de mieux qu’un planning vide que l’on peut remplir de ce qu’on veut vraiment… Dormir tard et prolonger la nuit par des rêveries porteuses de sourires entre les draps, alors que les rideaux respirent. Ou se lever tôt, au contraire, pour voir s’éveiller l’herbe sous le soleil, s’étirer les arbres sous la brise timide qui unit la nuit au nouveau jour. Manger avec pour seul rituel celui du temps à respecter et du palais que l’on a enfin tout loisir de choyer sans hâte. L’aimable bavardage au tracé erratique entre amis ou parents. Un peu de paresse, et puis la folle envie de faire, de profiter.

 

Moutons.JPG Promenades cent fois parcourues  auxquelles on peut offrir un regard qui détaille…  tiens, tant de corneilles dans cet arbre que l’on n’avait jamais remarquées. Et le pelage robuste de ces belles vaches musclées … l’auréole pâle que dessine un contrejour en fin d’après-midi… l’embrasement voluptueux d’un astre las qui tombe dans la ramure d’un arbre généreux…

 

Rumeurs de la quiétude : un ru qui s’insinue dans un pré, la course d’un lièvre, le chant des grenouilles, les appels heureux des oiseaux. Quelqu’un qui baille, quelqu’un qui rit, un enfant qui fait clapoter l’eau. Le frôlement soyeux du vent, un drap mis à sécher qui joue les voiliers…

 

Que l’on parte ou reste, août nous rappelle : Profitez de moi, je suis éphémère moi aussi. Mais on peut me vivre un jour après l’autre, une heure après l’autre, et rien parfois n’est plus stimulant que la fuite des choses pour savoir les retenir…

 

Coucher-de-soleil-Beaufays.JPG

 

Par Edmée De Xhavée - Publié dans : C'est tout moi, ça
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Vendredi 27 juillet 5 27 /07 /Juil 08:40

Kate.jpgIl y a longtemps que je ne fais plus de notes de lecture sur mon blog. La raison en est que comme il s’agit presque toujours de notes de lecture de livres d’auteurs Chloé des lys, elles sont envoyées au son des trompettes et des tambours sur Actu TV  – la Web TV des vrais branchés -  et que les autres auteurs se les renvoient sur Facebook et leurs propres blogs, multipliant les chances de cet avis d’être vu et d’inciter à … faire comme moi.


Mais ici il s’agit d’un livre d’une auteure qui a pris son essor chez Chloé des lys et puis s’est envolée comme dans un tableau de Chagall vers un nouvel éditeur  pour ce second succès.


Je parle de Kate Milie qui m’avait tout à fait accrochée avec  son très surprenant « Une belle époque ». J’avais d’ailleurs, dans mon élan mélangé le style Art Nouveau et Art Déco en rédigeant mon avis de lecture. Et bon, il était évident que j’avais bien besoin d’une leçon, ferme et enthousiaste, que j’ai reçue et appréciée dans cet autre roman.


Kate n’a pas seulement ficelé et mis en forme et mots une parfaite intrigue policière. Elle dépasse largement ce résultat. Et Kate Milie est Kate Milie. Oh, on peut avoir par moments l’impression de marcher dans les petits pas astucieux de la grande Agatha Christie : il y  a les indices étranges que l’assassin met en scène. Il y a aussi la force du souvenir, la durée de la blessure dans le temps. Le temps contient tant de choses, n'est-ce pas... Agatha était une fine observatrice des caractères et Kate Milie, apparemment, « sent » pas mal de secrets brûlant encore avec rage dans les cœurs.  Les apparences sont tout autre chose que ce que l’on croit savoir, elle nous le démontrait déjà dans Une belle époque, avec sa plume moderne, souple et raffinée à la fois.


Mais la vedette principale de ce roman dans lequel se rencontrent victimes, assassin, enquêteur, journaliste, guide touristique et un personnage clin d’œil que je laisse dans les coulisses ici, c’est l’Art Déco dans la ville de Bruxelles. Un art que l’auteure connaît et aime, et ne veut plus qu’on confonde, palsambleu ! Et non, on ne confondra plus, parce que de scène de crime en scène de rencontres entre les vivants, tout nous est exposé sans pédanterie, presque comme si on nous prenait la menotte, et la plaçait gentiment « bon, tu vois ces lignes en zig zag ? Oui, là, c’est ça ! Eh bien c’est typique, et ça vient de… ».


En refermant le livre on sait qu’on a vu défiler dans notre esprit une histoire « policière » très originale avec une conclusion en pirouette guidée par une écriture de classe et, disons-le, de culture aussi. On ne verra plus une façade ou un salon des années trente avec le regard qui glisse et ne retient rien. Et on se souviendra désormais, qu’après deux romans qui ne ressemblent à aucun autre, Kate Milie est un nom qu’on retrouvera souvent.

 

Kate-Milie-Walter-Macchi-Silvana-Minchella-Robert-Nahum.JPG

Par Edmée De Xhavée - Publié dans : Romans
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Samedi 21 juillet 6 21 /07 /Juil 00:00

309px-Décoration de la place des Palais J'ai retrouvé ce texte écrit en 2009 (je crois) pour le site Ars Belgica... et je pense que comme cadeau d'anniversaire, ce n'est pas une mauvaise idée de le remettre en lumière!

 


"De gros pavés de rue posés en arc de cercle, luisants comme des galets de rivière, et frémissant sous les myriades de gouttes de pluie...c'est la Belgique.


Le parfum de la menthe que l'on frôle du pied dans l'herbe longeant une rivière poissonneuse où flottent de paisibles nénuphars...c'est la Belgique.


Des villes flamandes qui s'élèvent vers Dieu et ses anges en clochers et beffrois où se posent les oiseaux...c'est la Belgique.


Les voix du bonheur qui rient et plaisantent dans toutes les langues à l'abri des coupe-vents sur une plage blanche où vient mourir le scintillant galop des vagues...c'est la Belgique.


Les chevaux aux larges flancs pelucheux tourmentés par les taons, aux yeux plus doux que le baiser d'un elfe, cherchant l'ombre sous les haies d'aubépines...c'est la Belgique.


Des villages dont les murs racontent les pierres, les sentiers, les morts illustres et anonymes...c'est la Belgique.


Des vallons d'émeraude parcourus par des eaux primesautières ou sages, couronnés de bosquets, châteaux, orées de forêts mythiques...c'est la Belgique.


L'averse gonflant les stries d'un champ fraîchement labouré, vibrant ruban liquide qui attise l'ardeur antique de la terre...c'est la Belgique.


Des cimetières où dort à jamais tout ce brave monde qui, orné de mots, de pinceaux ou de fusils, a chéri son pays et son nom : Belgique ou België.


Trois langues, trois souffrances, trois fiertés pour notre trinité à tous : la Belgique. Belle et magique, c'est ma Belgique".

 

Vive la Belgique tricolore, trilingue et tri...stement froide cet été!

Par Edmée De Xhavée - Publié dans : Belgique
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Vendredi 13 juillet 5 13 /07 /Juil 10:45

667px-Friedrich_Overbeck_008.jpg Ce petit message va et vient en ce moment sur internet. Il rebondit partout et nous revient… « Une conférence du patron du département Psychiatrie à Stanford traitait du rapport entre le corps et l’esprit, du lien entre le stress et la maladie. L’orateur a, entre autre, affirmé que l’une des meilleures choses que l’homme puisse faire pour sa santé est d’avoir une épouse alors que pour la femme, la meilleure des choses à faire pour être en bonne santé est d’entretenir ses relations avec ses amies. »



Comme toutes les affirmations de ce type, où on ne mentionne ni le nom de « l’orateur », ni la date de la conférence, ni rien de vraiment sérieux, il faut… se méfier. Les apprentis psys et gourous s’en donnent à cœur joie grâce à l’anonymat du net. Une importance et des suiveurs aisément gagnés.


Ceci dit… c’est si vrai malgré tout !


En relisant de vieilles lettres de tantes ou grands-mères par exemple, je remarque qu'on soulignait, parmi les charmes d’une jeune fille, le fait qu’elle avait beaucoup d’amies. Ne pas en avoir était mauvais signe : esprit renfermé, mentalité immuable, personnalité qui ne se développerait pas au fil des années. Ne resteraient que le vieillissement et les enfants mis au monde, élevés avec savoir-faire mais sans élan, et un mari dont on prendrait soin selon le manuel mais qui se sentirait inexplicablement seul – et irait « se consoler ailleurs » ce qui ajouterait une couronne d’épines lumineuse dans la chevelure de la Mademoiselle Maussade qui n’avait pas d’amies.


C’est vrai qu’un homme qui perd l’écoute et le regard complices d’une épouse est, tout simplement, « quitté » en secret. Ce sont les rires et la possibilité de parler de ce qui l’encombre qui le feront se sentir part d’un nous où il a sa place. Il doit être important pour sa femme comme il le fut pour ses parents. Il peut alors grandir et donner, se sentir entier. On ne transmet pas que des enfants de chair au monde, on transmet aussi ce qu'on leur a donné d'intime, et c'est à deux que ça se diffuse.


Pierre-Auguste-Renoir-Yvonne-et-Christine-Lerolle-au-oiano-.jpg Tandis que la femme, elle, elle a ses amies. Oh, les amies ne sont pas immunes de défauts, et bien souvent il en faut plusieurs – justement – pour nous accompagner sous toutes nos facettes. Chacun de leurs points forts et faibles trouve écho dans nos points faibles et forts. Les amies consolent, soutiennent, encouragent, remettent en selle, font rire, aident à pleurer, soulignent le ridicule des situations, distraient, comprennent, partagent leurs expériences, relativisent. Nous mettent parfois en colère pour savoir nous faire une critique un peu trop percutante. Déminent les relations piégées. Imposent la dignité.


J’ai passé récemment quatre jours « entre amies ». Eh bien on avait beau dire que « ce soir il faut être raisonnables, on ira au lit tôt » on n’y est pas vraiment arrivées. On a ri à se muscler l’abdomen d’une façon qu’une salle de fitness nous envierait. Bécassine aurait été jalouse de nos joues rouges. Freud aurait été frustré tant nous avons abandonné de soucis sur la table de cuisine ou du jardin, en mangeant des cuberdons…

 

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Par Edmée De Xhavée - Publié dans : C'est tout moi, ça
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2010: Retenue pour le Prix de la Police de Liège avec Les lunes bleues de Pocahontas. Thème: Ceci n'est pas un crime.

 

2009: 3ème prix ex-aequo pour le Prix Pierre Nothomb avec Vous souvenez-vous? Thème: Sous le feuillage de mes chênes, je vous écris

2009: Retenue pour le Prix de la Police de Liège avec Tremblement de coeur. Thème: Canicule (Publié sous le nom de Patricia Van Praet-Lonhienne)

2008: 1er prix ex-aequo Fénélon en Colfontaine avec Tchoupy et les stiloboutchgo dgies. Thème: Par monts et par vaux


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