Tchoup-lala

Publié le par Edmée De Xhavée

 

Et me revoici… Pas encore complètement ici, mais plus du tout là-bas ! Le casse-tête de la réinsertion aurait eu raison de ma bonne humeur si je n’étais aussi heureuse !

Un bonheur qui me rappelle combien manger du vrai pain – celui qui s’émiette, dont la croûte se loge entre les dents – et des choses qui goûtent les choses à quoi elles ressemblent est une grâce quotidienne trop souvent ignorée. Un bonheur qui fait que le jovialité des Liégeois, légendaire,  me surprend et m’enchante. De ma fenêtre, ma nouvelle fenêtre, plus de biches ou dindes sauvages, mais le fleuve et les péniches. Le soleil – car il y en a – joue sur l’eau comme un frémissement de rubans.

Pas d’internet pendant si longtemps que ça ne serait pas pensable aux USA. Personne ne tiendrait tout ce temps sans grimper sur un toit avec un fusil mitrailleur. Preuve que l’on s’adapte finalement au pays d’accueil, j’y ai presque songé. J’admets que les cyber-cafés aux claviers regorgeant de tous les exemplaires de germes répertoriés ne m’ont pas séduite, même si au fond l‘expérience ne fut pas tout à fait sans aspects cocasses. C’est que la privacy n’y est pas présente et que malgré moi j’ai été le témoin involontaire de « romances » par téléphone ou skype dont je devinais déjà la fin rien qu’aux indices du présent…

Au risque de vous faire croire que j’habitais dans la jungle-Tarzanne chevauchant sa biche comme Arduina, poussant des glouglouglou de dinde pour ameuter ma troupe – j’avais oublié aussi ce que c’était que de regarder les magasins sans devoir m’enterrer dans un centre commercial nauséabond de trop de fast foods aux orientations contrastantes. L’odeur du Tex-Mex me stimule, mais mariée à celle de la tarte aux pommes … elle est plutôt infâme.

Et puis… les vieilles pierres, les vieilles rues aux noms de contes de fées, les immeubles aux façades travaillées avec la fierté de l’artisan… ça n’a pas de prix.

Je n’ai eu aucun regret envers ce que je laissais derrière moi. Ils viendront plus tard, mais ne seront pas ceux du quotidien. Ils seront les moments d’exception. La vue des animaux sauvages, même ce bison solitaire vu en pays comanche. L’orchestre de red necks de Madrid au Nouveau-Mexique. Les pivoines d’un voisin. L’horreur inoubliable de la toilette de Cochiti Lake. Un jeune cerf qui nous menaçait en promenade.

Ici, chez mon père, c’est le domaine des corneilles et pies. Une corneille a une patte cassée mais s’est ainsi méritée le surnom de Tchoup-lala. Nous parlons d’elle chaque jour et observons ses progrès. Mais oui, elle vole de nouveau après une semaine au sol. Et les autres acceptent de lui reparler, malgré sa démarche chaloupée et son nom étrange…

Et je vous remercie tous et toutes,  pour vos visites dont je me rendais compte au gré de mes visites dans un des idylliques cyber-cafés locaux, mais je n’avais pas le temps de répondre à vos commentaires. J’espère arriver à rattraper le temps perdu au plus vite, même si je ne suis pas encore au bout de mes tribulations. Le retour au pays est une occupation à temps-plein, et un test d’endurance et parfois même d’intelligence. Je passe, pas toujours haut la main, et je ne trouve pas d’excuses donc je n’en donnerai pas.

Patience, je reviendrai sur les blogs petit à petit,  vous m’avez manqué !

 

Publié dans C'est tout moi - ça

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marie-madeleine 31/05/2011 16:53


Pas d'internet depuis un mois!!! je profite de la connexion chez mon fils pour venir faire une visite


Edmée De Xhavée 31/05/2011 19:41



Merci de ton sens des priorités ; J'ai été privée d'internet pendant 3 semaines... j'étais toute perdue!!!
Cyber-cafés chaque jour, je dois être vaccinée à vie contre les germes indésirables (y-en-a-t-il de désirables, au fond?)



Florence 26/05/2011 12:36


Chère Petite-Lune-de-Verviers,
Je viens de me rendre compte, en venant te voir, que je ne trouvais pas le petit mot qui devait y être. Heureusement que je garde mes brouillons, car j’ai retrouvé ceci :

« Oui, l’autre soir, après une trop longue journée pour moi, je ne pouvais plus écrire. Ni ma tête, ni mon corps ne l’acceptaient. Aussi je reviens aujourd’hui où je suis mieux, pour commenter ce
1er écrit de Belgique !
Cela compte tu sais ? Et tu vois, cela me fait tout drôle de ne plus t’imaginer dans ta lointaine Amérique, de ne plus me dire qu’il y a l’océan Atlantique à traverser, qu’il n’y aura plus besoin
d’y mettre un petit esquif pour que l’escargot espiègle te transmettre nos messages. Il va falloir trouver un autre chemin !
Tu écrits : La jovialité des Liégeois… m’enchante …. le fleuve et les péniches… les vieilles pierres, les vieilles rues… Ici chez mon père.
Tout cela me donne quelques points de repères.
Tu es retourné chez ton père à Liège, dans une vieille rue, dans un appart haut perché d’où tu vois la Meuse. Bien bien ! Maintenant tu fréquente des animaux communs, bien de chez nous, car nous
aussi nous avons des pies et des corbeaux ! Tu les nommes corneilles, mais pour moi, c’est du pareil au même. Ce sont de gros oiseaux noirs, qui se foutent des peignées entre eux ou avec les pies,
si bien que parfois ils sont tellement déplumés qu’on se demande comment ils volent. Et la voix ! oh la la ! On en a un, vieux braillard à la voix toute éraillée, mais encore puissante, c’est
atroce lorsqu’il vocifère perché sur la cheminée des voisins ! Enfin, effectivement, cela te change du glou-ou de Clara !
Dans un autre domaine, il y a des lingettes désinfectantes pour nettoyer les objets publics à la propreté plus que douteuse ! Il ne faut pas hésiter à s’en servir, cela ne prend pas de place dans
un sac à main, ou même une poche.
Tu sais que je fais mes courses en grandes surfaces. Je peux marcher plus longtemps dans les galeries marchandes que dans les rues où je m’épuise très vite. Et bien, outre cet avantage, elles sont
très agréables, ne sentent pas mauvais, alors que les rues de Nantes pues ! Et nous avons tous les magasins que nous voulons ! Je vais régulièrement dans une, mais j’en ai 3 autres où je vais
souvent. Comme elles sont situées dans des zones d’activités commerciales, nous avons tout sous la main. Pour moi c’est bien pratique. Et pour y aller, nous avons des routes bien agréables presque
la campagne. Tu vas voir les photos de mes chemins des courses lorsque tu reviendras dans ma vie d’artiste !
Ce sont de vrais arriérés ces Américains !!!
Allez, je te quitte ma chère Edmée. Je t’embrasse avec toute mon affection et te dis à bientôt !
Florence. »

Je perds la tête vraiment, mais à ma décharge, Chat-Blanc et Paul, mes deux indispensables, me donnent des soucis en ce moment ! L’un avec sa santé, et l’autre, parce qu’il se bat pour essayer de
résoudre de gros problèmes et qu’il n’en voit pas le bout.
Enfin, mieux vaut tard que jamais ! Mais entre temps, tu es venue dans ma vie d’artiste !!!!!!!!
Bisous très chère Edmée, et pardonne moi, cette étourderie.
Florence


Edmée De Xhavée 27/05/2011 18:30



Ma chère Florence, mais non tu ne perds pas la tête, c'est bien la tienne, je la reconnais.


Je suis bien à Liège, dans ubn appartement qui a vue sur la Meuse, et est au centre-ville. J'en aime déjà les bruits, surtout ceui des bateaux qui passent. J'ai squatté chez mon papa pendant 3
semaines en attendant d'avoir au moins un lit ici... Je suis toujours en train de rattraper le temps perdu et de courir bien vite, mais je finirai par me retrouver en forme!!!



michaeline 26/05/2011 10:31


Comme tu écris, être sage , baaaaaaaah!;-)


Edmée De Xhavée 27/05/2011 18:32



Baaaaaah!



Nadine Groenecke 25/05/2011 22:52


Maintenant je me dis "Edmée n'est pas très loin et je la verrai peut-être un jour". Les animaux, à ce que je vois, t'ont déjà réservé un bon accueil. Ils savent bien qu'ils ont affaire à une belle
personne. Et que de Belges doivent être heureux de ton retour parmi eux !


Edmée De Xhavée 27/05/2011 18:35



Oui, on se verra peut-être un jour, c'est bien plus probable maintenant. Je t'e remercie pour les gentilles paroles par lesquelles tu exprimes tes gentilles pensées...



H 25/05/2011 20:00


Bienvenue Edmée ! Je t'avait dit de klaxonner quand tu arrivais mais je n'ai pas entendu le klaxon. Je dois devenir sourde.
D'aprés ce qu'il me semble connaître de toi, je comprends que tu domineras bientôt tout ce qui t'entoure et découvriras tous les avantages et inconvénients de tes
nouvelles pénates et que tu les partegeras avec nous.

Bonjour à Tchoup Lala
Bisous a toi
Verdinha


Edmée De Xhavée 25/05/2011 20:58



Pour l'instant, je suis en extase! Tout me semble beau et bon, sauf l'état de mon appartement