Romans

Vendredi 25 septembre 2009

Voilà qu’elle s’y met aussi, maintenant. L’autre. Patricia. L’autre. Qu’a-t-elle fait, vous demandez-vous ? Elle a pris la plume que l’amie Edmée lui a prêtée un jour au clair de lune et ne l’a pas rendue. Le temps d’un concours de nouvelles. Et elle a été retenue ! Et la voilà publiée, comme moi. Avec MA plume. MON style. MON nom, puisque Patricia, c’est le nom que ma mère a voulu m’offrir en cadeau de bienvenue. La guerre n’avait pas laissé que des ruines, mais aussi des disques de jazz, le chewing gum, des petites Paméla et Patricia et des secrets que personne ne voulait vraiment découvrir puisqu’il fallait reprendre une vie supportable. Lonhienne, c’est le nom de ma tribu, celui de mon père et de sa lignée masculine. Van Praet, c’est celui qui me sert de laisser-passer dans la famille de mon mari. Edmée, c’était le nom de ma grand-mère maternelle, que l’on m’a donné aussi. Un prénom un peu désuet que j’ai toujours aimé. Un prénom à dentelles, à « Lavallière », à broche en « pierre de lune », en pommeau de canne en argent, en ongles polis à la peau de chamois.

 

Et voici donc que j’ai publié sous le nom d’Edmée, et sous le nom de Patricia Van Praet-Lonhienne. J’ai participé au concours de la police de Liège (après tout, il y a une rue Lonhienne à Liège, que l’on doit à un illustre aïeul qui, paraît-il, portait une perruque blonde et était soucieux du bien-être d’autrui) et ai été, avec d’autres, retenue pour être publiée aux Editions Luce Wilquin dans le receuil collectif Canicule. Un honneur car j’ai commencé la lecture de mon exemplaire encore tout chaud de la presse, et si j’ai bien souvent l’occasion de m’exclamer « que de talents chez Chloé des Lys ! », je dois étendre ma remarque : ce livre est plein de talents ! Des histoires courtes, mais passionnantes, originales, captivantes. Celle que j’ai su faire jaillir de cette canicule s’intitule Tremblement de cœur et s’enroule autour d’un amour usé, d’un autre tout neuf, d’une chaleur jamais connue, et d’un homme que l’on mène à sa mort…

 

Je peux donc sans honte admettre la parenté de Patricia Van Praet-Lonhienne et d’Edmée De Xhavée, qui se trouvent décidément bien entourées dans leur aventure littéraire.

 

Après tout, je pense que cette petite erreur sur la personne, même si commise par la police elle-même, est une occasion pour Edmée de présenter Patricia, et cette dernière d’avouer qu’Edmée, c’est celle qu’elle voit dans le miroir le matin.

 

Par Edmée De Xhavée
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Jeudi 16 juillet 2009

L’été est ma saison de gourmandise. Une gourmandise sans conséquence sur ma silhouette, puisque je ne dévore que des pages. Car avec l’irrésistible envie de profiter du jardin – avec le soleil qui extrait le parfum de toute chose, des fleurs aux pierres en passant par le plumage des oiseaux et les feuillages – arrive le choix entre deux luxes : une voluptueuse somnolence qui m’emporte vite dans ce lieu un peu plus loin, fait de bruits et de l’alternance d’ombre et lumière jouant sur mes paupières scellées ou l’abandon dans la lecture, tout aussi apte à tenir la réalité hors d’état de se faire voir et entendre pour un temps. Les vaisselles, légumes à éplucher, chats à nourrir, coups de fil à donner, tout ça est - et reste - entre parenthèses pendant que je lis ou somnole.

Je viens de terminer, à regret, un livre qui hélàs n’a pas été traduit en français. The Lost Painting, de Jonathan Harr. Je l’ai commencé un peu dubitative, et ai immédiatement été aspirée dans cette incroyable histoire de la découverte d’un tableau perdu du Caravage. Le baiser de Judas, parfois aussi appelé L’arrestation du Christ.

Ce n’est pas un roman, mais la preuve que la fiction ne peut pas toujours égaler la splendeur de la réalité en rebondissements et surprises. Des héros à l’apparence banale déplacent plus d’air et d’espoirs qu’Indiana Jones. Ces étudiants universitaires, spécialistes du Caravage, restaurateurs, journalistes, étudiants en Art, nobles désargentés, prêtres et autres deviennent, sous la plume de l’auteur, des êtres animés de passion, et leur vie passe de l’obscur au clair tout comme dans un des tableaux du grand Maître, amoureux du Chiaroscuro.

On les suit le coeur battant dans les rues et restaurants de Rome, un couvent irlandais, des bibliothèques universitaires en Italie et Angleterre, un vieux château empli de charme et de poussière dans la campagne italienne, les pages moisies de vieux livres de comptes d’un marquis d’un autre siècle. On entrevoit aussi des moments-clé de la vie tumultueuse du Caravage, aussi adroit avec l’épée qu’avec le pinceau, aussi ardent dans ses colères que dans sa piété, vivant si vite et si fort qu’il finira sa course folle à 41 ans.

On apprend à reconnaître les signes qui posent les indices d’un original ou d’une copie (et le Caravage copiait lui-même parfois ses propres tableaux, ce qui nous donne des copies authentiques et des copies simples!), on a le souffle suspendu en lisant les techniques de restauration – qui bien souvent peuvent sauver ou achever l’oeuvre -, on découvre avec fascination les secrets des pigments et de la toile. C’est émerveillé que l’on referme le livre, et encore un peu agité d’avoir suivi le train rapide de ce récit qui est une palpitante “histoire vraie”.

Un peu avant, je m’étais abandonée dans le livre de Mary Dollinger, Au secours Mrs Dalloway. Un livre british avec un zeste de France. Mary est Anglaise, vit en France et écrit … en français avec une aisance déconcertante! Et Dieu que c’est rafraichissant, cet humour anglais en français dans le texte… Et que c’est drôle, avec une sophistication un peu noire tout à fait délectable, d’autant que l’héroine, Clare Fournier, perd les pédales pour ... un Belge! Un Belge haut en couleurs et apparemment auréolé d’un charme tel qu’il est aussi tentant qu’une dizaine de laquemants! (C’est mon étalon-tentation…) 












Et pour terminer avec cet article littéraire, eh bien ma nouvelle “La brodeuse” sort dans le recueil Sur le fil aux éditions librisme en Suisse avec celles de trois autres auteurs. Je donnerai la parole à Bob Boutique qui l’a lue il y a un moment et l’a commentée pour ceux qui attendaient:


***
 

Je viens de lire ‘La brodeuse’ et reste émerveillé… ce texte mérite mille fois de figurer dans le recueil que l’éditeur suisse Librisme publie cet été. Car il est Re-mar-qua-ble. Plus courte que d’habitude (pour moi, c’est un avantage), cette nouvelle reproduit fidèlement le monde nuancé et tout en finesse d’Edmée.

 

Un style à l’ancienne qui me rappelle Marie Gevers ( je crois l’avoir déjà dit ) avec de jolies phrases construites comme des rangs de perles, une histoire simple où la psychologie joue un grand rôle, du suspense même s’il n’a rien à voir avec les thrillers à la mode ( un peu dans le genre de Micheline Boland ) et… comment dire ? Une mélancolie douce, ton sur ton, à la Laura Ashley.

Si je devais comparer avec un peintre, je dirais Vermeer de Delft, en moderne bien sur. Ou Suzanne Valadon, la mère d’Utrillo. C’est confus ? Sans doute, mais c’est ainsi que je le ressens.

L’histoire ?

Anodine, mais d’une grande profondeur humaine. ‘Du peu, mais du bon’ comme écrit Edmée. La qualité avant l’esbroufe et le sentimental facile.

Géraldine (la petite soixantaine ?) brode et tricote pour deux boutiques de mode. Un travail qu’elle accomplit avec joie et humilité depuis 25 ans, à la fenêtre d’un petit appartement qui domine une rue dont elle connaît tout. Le bruit d’une porte qui se referme au 19, le bac à sable d’un jardinet où il y a deux enfants, le petit chien qui aboie et court derrière les vitres d’une maison de rangée… Elle observe, tout en tirant le fil et en palpant des tissus soyeux aux motifs délicats : ‘ … une nappe a thé, déjà terminée, a des géraniums grimpant à l’assaut de replis aux quatre angles, et des paons du jour et coccinelles le long de l’ourlet ajouré…’

Au numéro 15, en face, il y a une jeune femme, jolie, qui chantonne toute la journée et reçoit chaque matin, après le départ d’un époux plutôt terne, un amant un peu canaille qui s’en va au bout d’une heure en sifflotant. Du tout venant en quelque sorte.

Puis un jour, Géraldine est en train de broder les serviettes d’un trousseau, voila qu’elle aperçoit le mari qui rentre plus tôt que prévu…

Je vous laisse découvrir la suite. J’ai adoré. Car elle est bien dans le ton du récit, simple, élégante et… mais oui, pourquoi pas… tendre.
C’est tout ? Oui, c’est tout, mais avec quelle virtuosité ! Quelle bonté. Lisez et vous comprendrez.

L’écriture ? Brillante comme à l’accoutumée..

‘Encore une matinée merveilleuse, malgré la pluie d’hier. Les trottoirs sont encore mouillés, des flaques brillent là où les pavés sont trop enfoncés. des gouttes captives dans les feuilles et les géraniums ressemblent à de petites loupes.’

‘Bien que concentrée avec une joie tranquille sur des plumages écarlates au point de tige, et sur son fil de soie perlée qui tend parfois à boucler, elle lève de temps à autre les yeux de son travail aux rumeurs de la rue…’

Et ainsi de suite…

J’ignore s’il est déjà possible de lire ce conte quelque part, car je suppose qu’Edmée De Xhavée en réserve la primeur à son éditeur. Disons, que j’ai eu la chance et le privilège d’une avant-avant-première, une espèce de cadeau personnel, que vous découvrirez bientôt dans le recueil de Librisme que je vous recommande même s’il n’est pas encore publié.

***

Je reprends la parole prêtée à Bob, et vous dis ... à la semaine prochaine!
Par Edmée De Xhavée
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Vendredi 19 juin 2009
À mon arrivée en Belgique, un cadeau m’attendait, gentiment silencieux et ponctuel dans son envelope. Il m’avait été annoncé par son auteur, aussi je n’en ai ouvert le pli qu’avec plus d’élan, et en ai sorti … ce livre qui m’a présenté ce grand poète qu’était Émile Verhaeren. Alors bien sûr, j’avais appris un ou deux de ses poèmes en classe, sous le regard encadré de Pie XII – qui me glaçait toujours un peu – ou peut-être celui de Jean XXIII, il Papa buono, qui de fait avait l’air bienveillant d’un paisible jardinier des âmes.

Mais je ne savais rien de l’auteur sinon sans doute les dates parenthèses qui contiennent secrètement tout le mystère d’une vie: 21 mai 1855 – 27 novembre 1916. Ou plus simplement: 1855-1916.

C’est fin 2008 qu’il eut soudain pour moi une coloration, timide encore, mais c’était celle de la réalité: quelqu’un qui avait tant aimé un lieu tel que le Caillou qui bique à Roisin ne pouvait qu’être fait de chair et de bon sang. Ne pouvait qu’abriter un enthousiasme ardent. Car fin 2008, le Petit Belge a relayé sur son blog l’appel du musée Émile Verhaeren à Roisin, appel que j’ai repris comme bien d’autres alors.

Et ce livre de Vincent Leroy a, avec des mots simples qui se suivent comme un guide, ajouté les ingrédients qui me manquaient pour accueillir en moi cette chaude certitude: oui, il était vivant, cet homme, et il aimait avec abandon, avec dévotion. Sa femme, sa terre, le vin, les amis, la chanson, la couleur des mots, sa maison du caillou qui bique, sa tante Amélie. Un amour si bruyant que ses échos rebondissent dans ses poèmes.

C’est important de savoir aimer, parce qu’on ne mourra pas tout à fait.

Lire les grandes lignes de la vie de ce personnage fougueux l’a fait surgir hors de ces lettres qui le contenaient: Émile Verhaeren. Maintenant, j’en sais juste assez pour vouloir en savoir plus! Merci donc, Vincent, pour ce cadeau qui n’aura pas été qu’une lecture mais aussi une ouverture! (Vincent Leroy, Le poète belge Émile Verhaeren, Éditions Azimuts).

De mon côté, je me suis aussi offert un peu de lecture en Belgique, et je viens de terminer “D’un pays l’autre” (Éditions Demeter) de Valy-Christina Oceany. Cette dame est Roumaine, et a fait un bref séjour en Belgique en quittant son pays pour aller à la rencontre d’elle-même … ailleurs. Elle se présentera mieux que je ne pourrais le faire dans cette interview qui me l’a fait découvrir. Personnellement, j’ai beaucoup aimé son livre, qui nous présente Corina, Oana et Violeta. Trois histoires dont les héroïnes se rencontrent brièvement, suivant leurs buts avec une sauvage détermination embuée d’une légère tristesse. Des vies sans les falbalas de qui a toujours connu le confort, l’indépendance, le droit au changement, le pouvoir de décider. On voit notre univers par leurs yeux supris, on sent leur peur et leur témérité, leur départ d’un monde qui leur a fait mal pour arriver dans un inconnu déconcertant où se cachent d’autres douleurs, mais où luit l’espoir. Un tout bon récit.

Puisqu’on parle de lecture, je tiens ici à remercier Philippe Desterbecq, qui a acheté “Les romanichels”, l’a lu, et lui a consacré un commentaire sur son blog le 17 juin. Un blog enchanteur que je visite pour prendre un bol d’air car… il est rempli de fleurs, d’arbres, de papillons. C’est de toute beauté.

Merci Philippe pour ta présentation de mon livre mais aussi pour cette longue promenade sans fin que tu m’offres!
Par Edmée De Xhavée
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Vendredi 26 septembre 2008
Bon, un jour ou l'autre, je finirai bien par être une auteure dont on peut même lire la prose sous forme de livre, non? Un livre qu'on prête à ses amis en disant "il s'appelle reviens, ne l'oublie pas!". Un livre qu'on savoure au lit avec un bâton de chocolat - attention aux empreintes digitales Côte d'Or. Et ce jour ou cet autre devrait être derrière le coin, non?

En tout cas, pour vous mettre en appétit avec quelque chose, voici l'avis du comité de lecture des éditions Librisme en Suisse, qui vont me publier dans un recueil collectif, Sur le fil:

Voici ce qu’il ressort des avis des membres du comité de lecture concernant votre nouvelle.

 

La Brodeuse a occasionné la plus grande unanimité au sein du comité.

Nous en avons aimé le style simple, classique, bien rythmé et précis, la maîtrise de la langue, la beauté et la poésie de l’histoire.

 

Le personnage de Géraldine constitue une très belle réussite. Nous lui avons trouvé une vraie profondeur psychologique et un caractère très touchant.

 

La construction, également, nous a paru très bien maîtrisée et très efficace. L’intégration de la partie consacrée aux souvenirs est très réussie. Cette histoire du passé est très forte par sa simplicité et nourrit avec subtilité le personnage de Géraldine au présent.

 

Et ce qui achève de rendre très convaincant et abouti votre texte, c’est ce soin du détail – je pense notamment au bonbon à la bergamote glissé dans le thé – qui contribue à donner épaisseur et poésie à votre personnage et votre histoire.

Et puis voici l'opinion de Bob Boutique, sur le forum de Chloé des Lys:

 
Sujet: La brodeuse, une nouvelle d'Edmée De Xhavée   Mer 23 Juil 2008 - 18:57  

La brodeuse de Edmée de Xhavée

Je viens de lire ‘La brodeuse’ et reste émerveillé… ce texte mérite mille fois de figurer dans le recueil que l’éditeur suisse Librisme publie cet été. Car il est Re-mar-qua-ble.

Plus courte que d’habitude (pour moi, c’est un avantage), cette nouvelle reproduit fidèlement le monde nuancé et tout en finesse d’Edmée. Un style à l’ancienne qui me rappelle Marie Gevers (je crois l’avoir déjà dit) avec de jolies phrases construites comme des rangs de perles, une histoire simple où la psychologie joue un grand rôle, du suspense même s’il n’a rien à voir avec les thrillers à la mode (un peu dans le genre de Micheline Boland) et… comment dire ? Une mélancolie douce, ton sur ton, à la Laura Ashley.

Si je devais comparer avec un peintre, je dirais Vermeer de Delft, en moderne bien sur. Ou Suzanne Valadon, la mère d’ Utrillo. C’est confus ? Sans doute, mais c’est ainsi que je le ressens.

L’histoire ?

Anodine, mais d’une grande profondeur humaine. ‘Du peu, mais du bon’ comme écrit Edmée. La qualité avant l’esbroufe et le sentimental facile.

Géraldine (la petite soixantaine ?) brode et tricote pour deux boutiques de mode. Un travail qu’elle accomplit avec joie et humilité depuis 25 ans, à la fenêtre d’un petit appartement qui domine une rue dont elle connaît tout. Le bruit d’une porte qui se referme au 19, le bac à sable d’un jardinet où il y a deux enfants, le petit chien qui aboie et court derrière les vitres d’une maison de rangée… Elle observe, tout en tirant le fil et en palpant des tissus soyeux aux motifs délicats

Au numéro 15, en face, il y a une jeune femme, jolie, qui chantonne toute la journée et reçoit chaque matin, après le départ d’un époux plutôt terne, un amant un peu canaille qui s’en va au bout d’une heure en sifflotant. Du tout venant en quelque sorte.

Puis un jour, Géraldine est en train de broder les serviettes d’un trousseau, voila qu’elle aperçoit le mari qui rentre plus tôt que prévu…

Je vous laisse découvrir la suite. J’ai adoré. Car elle est bien dans le ton du récit, simple, élégante et… mais oui, pourquoi pas… tendre.C’est tout ? Oui, c’est tout, mais avec quelle virtuosité ! Quelle bonté. Lisez et vous comprendrez.
Qui ne serait pas heureuse d'avis aussi positifs, mais aussi, si bien détaillés? Car être publiée est une joie sur laquelle je ne comptais pas trop - à vrai dire j'ai écrit Les romanichels sans y penser du tout, c'était juste pour écrire et le faire lire à mes proches! - mais découvrir que c'est bon (en tout cas, en partie, car il y aura des flops sans doute!) est un grand bonheur!

Je m'attends bien sûr - en m'accrochant un peu - à des avis négatifs, et c'est normal. Il y a des auteurs fameux qui ne me plaisent pas, et des acteurs que tout le monde semble trouver beaux qui me laissent bouche-bée et pensive... ah bon, il est beau??? Ah bon, c'est un best seller? Donc il y en aura pour trouver que ah bon? (Je me ferai la charité de ne pas imaginer la suite...)

Mais quel plaisir que d'imaginer que mon écriture apportera son aura dans d'autres vies!

Par Edmée De Xhavée
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Vendredi 27 juin 2008
Ce dernier séjour en Belgique m'a aussi permis de parler à mon éditeur, Laurent Dumortier. Je voulais savoir si, en posant l'oreille au sol, on pouvait enfin entendre arriver une caravane, celle de mes Romanichels. La personne que j'ai chargée de la maquette a eu pas mal de problèmes semble-t-il, et si tout va bien, l'exemplaire-test devrait sortir avant la fermeture de Chloé des Lys pour les vacances, ce qui me laissera deux bons mois pour le vérifier. Pourquoi deux mois? Parce que les vacances de Chloé des Lys auront cette durée: un mois de vraies vacances - je l'espère pour l'équipe - et un mois de mise à jour sans aucun contact avec les auteurs, acheteurs, scribouilleurs et autres.

Par contre, j'ai une autre grande nouvelle que je n'attendais pas vraiment. Les éditions Librisme ont accepté une de mes nouvelles pour un recueil de quatre à six textes, intitulé "Sur le fil", qui sortira cet été.

Il s'agit d'une jeune et dynamique maison d'édition basée à Genève, et qui publie, à frais d'éditeur, de nouveaux auteurs. La distribution de leurs livres se fait essentiellement en France et en Suisse. Je suis très heureuse et fière d'avoir été retenue, d'autant que la nouvelle que j'avais proposée l'année dernière avait été refusée. Avec toutefois beaucoup d'élégance, en justifiant cette décision à l'aide d'une critique détaillée de mon travail, avec ses points forts et ses lacunes. Ce qui m'avait assurée du sérieux et de l'attention apportée aux manuscrits, et incitée à ré-essayer cette année.

Bonne inspiration dont je me félicite!

Ces pas timides dans le domaine de l'écriture m'ont déjà apporté beaucoup. Pour commencer, une meilleure idée de ce que je suis. Je ne me qualifierai pas, bien sûr, d'auteure au sens un peu distant du terme, et cependant je sais que je suis pas "devenue" auteure mais que ça faisait déjà partie de moi. Que ça attendait que je m'en serve. Car c'est par l'écriture que je donne, que je m'exprime.

Et puis il y a tout ce petit monde qui aime les mots, les phrases, les histoires, les choses bien dites, dont la porte s'est ouverte à moi. Tous ces autres auteurs, à différents stages de leur renommée et qui, sur le forum de Chloé des Lys en tout cas, font preuve d'un esprit fair-play et de la passion de la découverte.

Personnellement, je suis désormais toujours fière d'offrir à mes amis lecteurs un livre écrit par un autre "jeune" auteur parce que tant de vrais talents sont là, presque anonymes, mais si généreux de leurs trésors.

C'est vrai que je suis bien loin "d'où ça se passe"! Et je réalise que ma promotion sera lente et ardue. Mais si je colle volontiers mon oreille au sol pour guetter l'arrivée des Romanichels et ai vaillamment refusé jusqu'à présent d'utiliser un GSM... je rends grâce à l'internet qui voyage plus vite que son ombre et qui, je l'espère, m'aidera à porter ma voix un peu plus loin, un peu plus fort.
Par Edmée De Xhavée
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Vendredi 7 mars 2008
RDV.jpg C'est le titre de ce petit recueil de nouvelles qui vient de paraître il n'y a pas longtemps chez Chloé des Lys. Il contient de courts récits de plusieurs auteurs: Claude Colson, Claude Drisse, Micheline Boland, Pierre Guelff, Gilles Saint-Laurent, Daniel Stir, Céline Marseault, Fanny Charpentier, Colyn Ancolie, Raymonde Malengreau et ... Edmée De Xhavée! J'ai participé à ce recueil un peu par défi personnel, car la nouvelle - sur le thème du rendez-vous - devait tenir sur une seule page A4, alors que je venais de terminer deux romans plutôt longs, et je n'étais pas certaine de pouvoir raconter quelque chose de valable sur une aussi petite surface!

Si votre curiosité est piquée, il ne coûte que 7,1 € et on peut le commander directement chez l'éditeur les jours ouvrables de 10 h à 20 h au 069/84-74-94, ou simplement par email: chloe.deslys@scarlet.be.

Et en ce qui concerne Les romanichels, on m'affirme que je suis sur la dernière ligne droite, la maquette se trouvant chez l'éditeur qui doit faire imprimer un nouveau bon à tirer. Si cette dernière ligne droite n'est pas suivie de périlleuses courbes, ce livre tant attendu devrait faire son entrée dans le monde aux alentours de Pâques, au son des cloches, au parfum des crocus et oeufs de chocolat!

J'ai déjà parlé et présenté Chloé des Lys, mais Cathy Bonte vient de le faire de façon si complète et sympathique sur son blog que je ne peux que vous conseiller d'aller lire son article pour comprendre pourquoi les auteurs sont si transportés par leur éditeur chéri! Personnellement j'aime beaucoup les échanges simples et sans falbalas qu'on a avec les membres de cette maison, et le fait qu'il s'agisse d'une équipe de volontaires apporte dans leur travail le zeste de passion, la pincée d'enthousiasme qui fait d'eux des amoureux de l'écriture et non du rendement. Le forum retentit de rires et de bonne humeur, d'entr'aide, de conseils, de suggestions pouvant profiter à tous, de comptes-rendus passionnés de qui a lu le livre de qui et veut y inciter les autres, etc... On peut sans hypocrisie y admettre qu'on n'a pas les moyens de dépenser autant pour ceci ou celà, laisser fuser un peu d'agacement parce que notre conjoint ne lit pas ce que nous faisons, immédiatement un petit chorus nous rejoint: nous ne sommes pas les seuls! 

C'est donc avec le printemps dans l'air et les dernières neiges dans les nuages que j'entraîne de la voix mon livre qui court bravement sur sa dernière ligne droite!

Quant à moi, j'ai hélàs une bonne grippe avec le tout nouveau virus invincible, et vais méditer tout ça dans mon lit!
Par Edmée De Xhavée
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Samedi 22 décembre 2007
Oui, il y  en a beaucoup dans mes écrits. Ce n'est pas délibéré, c'est simplement que je constate que dans la vie, c'est en effet cette foule de frères, soeurs, parents, familles, amis et parfois même simples passants éphémères qui vont y créer le décor exact. Bousculés ou aimés par les uns, soutenus ou agressés par les autres, nous forgeons notre caractère, accumulons ou laissons s'atténuer les rancoeurs, oublions ou gardons précieusement les joies. Nous nous teintons de tous ces apports des autres.

Déjà quand j'étais "jeune", (c'est à dire vers 13 ou 14 ans, âge où j'ai brièvement dévoré des romans anglais copiés sur ceux de Daphné du Maurier - vous savez, ceux où une ravissante mais pauvre jeune fille assez nunuche était engagée dans un sombre château pour s'occuper des enfants d'un veuf au caractère macho et paternaliste? Ca ne ratait pas, elle faisait la conquête du monstre malgré des rivales aux décolletés endiamantés et un ou deux squelettes heureusement inodores découverts dans une malle, ainsi qu'une gouvernante sinistre et psychologiquement dérangée qu'aucun châtelain normal n'aurait gardée auprès de sa progéniture!)... quand j'étais jeune au point d'aimer ce genre de lecture, disais-je, je méprisais ce truc facile qui consistait à choisir comme héroïne une orpheline et de limiter la famille du châtelain au profil aquilin et qui savait toujours tout, à en général un frère paillard ou une soeur éternellement vierge, et les deux enfants qui n'avaient que des rôles de figurants. Et juste pour dire qu'il était riche, respecté et convoité, on ne manquait pas de coller la soirée de Noël et d'en décrire les fastes. Et bien sûr l'odieuse rivale scintillante de tous ses diams snobait notre pauvre petite seule au monde. Je ne trouvais pas ça normal, aussi peu d'interventions humaines. 

Mais c'était pratique, je ne le conteste pas, et je n'ai pas manqué d'utiliser ce subterfuge assez lourd dans un de mes romans d'alors - et ma seule lectrice en fut à nouveau mon amie Bernadette! On y faisait la connaissance de mon personnage féminin, balbutiante et humble à souhaits, à bord d'un voilier en direction de je ne sais plus où, et ses parents passaient gentiment par dessus-bord lors d'une tempête. Enfin, elle était seule au monde, prête à être livrée au riche châtelain au nez en bec d'aigle et caractère instable.

A présent pourtant, lorsque j'écris, j'aime la présence d'un vrai groupe de personnes, qui parfois elles-mêmes en approchent d'autres. Ma propre vie n'aurait pas été la même si ma mère n'avait pas rêvé toute sa vie d'horizons lointains que mon père avait vus. Ou si mon père n'avait pas tant aimé écouter ses 33 tours de cire achetés à Buenos Aires, et me prendre dans ses bras pour "danser" le tango. Ou si ma grand-mère n'avait eu la passion du cirque. Ou si ma tante n'avait été si désespérément riche et avare qu'avoir beaucoup d'argent pour moi a l'aura d'une malédiction. Ou si je n'avais jamais su que "Didine", notre vieille voisine en longue robe de satin noir et le cou cerclé d'un ruban avec un camée, avait pendant la guerre caché des messages de la résistance dans une tête de bouledogue en porcelaine dont le chapeau tyrolien se soulevait.

Ou si je n'avais partagé ces folles années avec un compagnon qui savait ce que libre veut dire. Avec lui j'ai dormi à la belle étoile au pied des remparts de Carcassone, ou dans le fenil au-dessus d'une bergerie de la montagne noire près de Mazamet. En plein hiver. Blottis dans notre sac de couchage, nous entendions, trois mètres plus bas, remuer et murmurer les moutons alors qu'une forte odeur de suint nous parlait de présence et de paix. Avec lui j'ai traversé mon époque baba-cool dans un bonheur qui me faisait toucher Dieu du doigt.

Serais-je la même aujourd'hui sans lui, sans ses amis de tous bords, sculpteurs ou peintre parisiens, berger irlandais, photographe de stars écossais, champion d'échecs alcoolique et romantique, un Allemand celui-là, ancienne danseuse espagnole devenue serveuse dans "notre" petit resto, fils de gangster belge ( mais oui, il y en a... des gangsters, et leurs enfants!), et le professeur de philosophie qui nous aimait tant qu'il nous offrait le restaurant sur le Cours Mirabeau chaque fois qu'il nous rencontrait... Tous ces gens ont contribué à affirmer ou atténuer ce qui se trouvait en moi alors, attendant de pouvoir fleurir ou d'être assoupli. Impossible de me retrouver "à la case départ" après tout ça! Le feu avait été allumé dans les collines de romarin, au pied de la Sainte Victoire.

Mon existence a changé de cours bien des fois, mais j'ai gardé la flamme allumée. Et si parfois elle ne fait que respirer en secret sous la cendre, jamais mes paumes ne seront froides, jamais mon coeur ne sera vide. La sarabande de tous ceux qui m'ont appris à épeler les mots bonheur et douleur est longue.

Et je termine en vous mettant un lien vers une courte nouvelle que mon amie Jojane a bien voulu acceuillir sur son web site. Merci Jojane! Le lien vers le site de Jojane se trouve avec les autres liens, visitez-le, vous y trouverez de tout, même des puzzles venus du Québec! Et, sous le petit carré avec la rose, il y a le lien pour aller sur le site magnifique qu'elle m'a réservé, et sur lequel je mettrai de temps à autre une nouvelle! En attendant, la première est celle-ci: Week-end d'un indécis. Bonne lecture à tous!
Par Edmée De Xhavée
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Samedi 10 novembre 2007
Alors que j'écrivais  "Les romanichels", je ne pensais pas à le proposer à un éditeur. Je voulais l'écrire, le terminer, ne pas l'abandonner en cours de route comme les deux précédents. Mais celui-là avançait tout seul! De l'autre côté de l'océan, dans un petit pays de la même taille que le New Jersey où je vis, mon frère avait lui-aussi commencé son tout  premier roman (publié depuis), et nous nous envoyions nos dernières pages du jour par courriel. Et nous nous corrigions et nous complimentions mutuellement.

Lui, dès le départ il avait su qu'il désirait être publié. Et finalement, une fois que les Romanichels ont eu fini leur périple aux mille détours et ont pu ranger leur caravane pour que les chevaux se reposent, j'ai vu le manuscrit relié. Et j'ai compris qu'il voulait, lui aussi, vagabonder dans d'autres mains que les miennes seules.

Mais je l'avoue, j'ai cherché avec une certaine nonchalance! Je n'ai d'ailleurs pas tout de suite compris les arcanes du monde de l'édition. Tous les trois ou quatre mois j'envoyais quelque part, et au début, sans faire de recherches sur la maison que je contactais. Je l'ai réalisé suite à d'aimables réponses telles que celle de Caroline Cullus chez Lansman qui a eu la gentillesse de faire suivre mon manuscrit chez un éditeur plus approprié - qui n'a pas réagi!

Entretemps, j'avais terminé la rédaction d'un second roman, et je les envoyais à tour de rôle, jamais au même éditeur.

Je voulais une maison d'édition belge. J'y tenais. Et je n'ai pas cherché en dehors de notre petit royaume si ce n'est à Actes Sud, mais... il est Belge!

Mes personnages sont des Belges. Pas des petits Belges, juste des Belges. Des Belges gentils, des méchants, des intéressés, des généreux, des idiots, des passionnés, des distingués et des insortables. Ils parlent le français, ce français bien à nous qui mélange les époques et les influences régionales, qui se saupoudre de nennis, de dringuelles, de zinnekes, de brols, de vieilles bièsses, de zots. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas le comprendre, ce français de Belgique, même si parfois une traduction et un clin d'oeil aident. Mais c'est joli, imagé, amusant, et on peut écrire et lire en belge avec plaisir. Et le parler aussi.

Nous avons un accent. Et après? Qui n'en a pas? J'ai vécu à Aix en Provence et il m'a fallu un certain temps pour réaliser que les mystérieuses lammes paillodes dont parlait mon patron étaient des lampes à iode!

Alors voilà. Un éditeur belge il me fallait, et un éditeur belge j'ai trouvé!
Par Edmée De Xhavée
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Lauriers

2009: 3ème prix ex-aequo pour le Prix Pierre Nothomb avec Vous souvenez-vous? Thème: Sous le feuillage de mes chênes, je vous écris

2009: Retenue pour le Prix de la Police de Liège avec Tremblement de coeur. Thème: Canicule (Publié sous le nom de Patricia Van Praet-Lonhienne)

2008: 1er prix ex-aequo Fénélon en Colfontaine avec Tchoupy et les stiloboutchgo dgies. Thème: Par monts et par vaux


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